Sénégal : Bassirou Diomaye Faye défend l’unité face aux tensions politiques
Sénégal : Bassirou Diomaye Faye défend l’unité face aux tensions politiques

Un hommage national chargé de symboles au Sénégal. Lors de la cérémonie en l’honneur d’Abdoulaye Wade, centenaire ce 29 mai, Bassirou Diomaye Faye a livré un message fort sur l’unité nationale, en pleine crise politique opposant le pouvoir exécutif à l’Assemblée nationale.
« Une querelle, si vive soit-elle, ne mérite pas que l’on déchire le pays qui nous est commun », a déclaré le président sénégalais, rappelant que « la démocratie n’est pas un butin que l’on arrache et que l’on garde jalousement », mais plutôt « une flamme que l’on se passe de main en main, qu’il ne faut jamais laisser s’éteindre ».
Ces propos interviennent alors que les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, atteignent leur paroxysme. Le chef de l’État a en effet limogé ce dernier le 22 mai, mettant fin à des mois de désaccords profonds entre les deux hommes, autrefois alliés politiques.
Deux jours avant ces déclarations, Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale depuis le 26 mai, avait évoqué une « situation de cohabitation » avec le président Faye. « Il n’a pas tous les pouvoirs. Il faut qu’il redescende de son piédestal et qu’on se parle », avait-il lancé lors d’une conférence de presse, marquant ainsi une rupture ouverte avec l’exécutif.
Abdoulaye Wade, une référence pour l’unité nationale
Lors de cette cérémonie officielle au Grand Théâtre de Dakar, Bassirou Diomaye Faye a rendu hommage à l’ancien président Wade, une figure politique majeure du Sénégal. « Vous nous avez appris qu’une querelle, si vive soit-elle, ne mérite pas que l’on déchire le pays qui nous est commun », a-t-il souligné, citant les enseignements de son prédécesseur. « Vous nous avez appris que servir sa jeunesse vaudra toujours mieux que de se servir d’elle ».
Le président Faye a été chaleureusement accueilli à son arrivée, recevant des applaudissements nourris tout au long de son discours, notamment lorsqu’il a évoqué les défis politiques actuels et sa séparation d’avec Ousmane Sonko.
« Wade nous enseigne que l’adversaire d’aujourd’hui n’est pas un ennemi », a-t-il ajouté. « C’est un compatriote bienveillant qui voit le pays autrement, et avec lequel il faudra, une fois le combat terminé, continuer d’habiter en paix la même maison au Sénégal. On peut s’opposer sans se déchirer. »
Il a enfin salué la capacité de l’ancien président à « ne jamais désespérer du Sénégal, ou même d’un compagnon qui se perd dans l’acrimonie et dans la haine de l’autre », un message d’apaisement dans un contexte politique tendu.