Sénégal : les chrétiens appelés à renforcer leur présence en politique
Au Sénégal, le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20) a pointé du doigt un engagement politique des chrétiens encore trop discret, voire insuffisant, à quelques mois des législatives.
Fondé en début d’année, ce collectif de la société civile organisait récemment un forum à Mbour, à proximité de Dakar, sur le thème « Engagement politique chrétien et leadership ». L’événement, présidé par le ministre des Forces armées, Augustin Tine, s’inscrivait dans la perspective des élections législatives du 30 juillet. L’objectif ? Encourager les fidèles à s’investir davantage dans la vie politique du pays.
Un leadership chrétien à bâtir
Emile Daly Diouf, président du MAC 20, a lancé un appel solennel aux catholiques sénégalais : « Même minoritaires, nous devons peser davantage dans le débat politique. Notre engagement doit devenir massif et visible ». Il a souligné l’absence de véritable leadership chrétien au sein des partis, malgré quelques militants actifs. « Les chrétiens sont présents, mais leur influence reste limitée. Il est temps qu’ils occupent les postes où se prennent les décisions », a-t-il déclaré.
Le mouvement ne cache pas son ambition : accompagner les autorités religieuses et soutenir des candidats aux prochaines échéances électorales. « Nous ne présenterons pas de candidats, mais nous apporterons notre appui à ceux qui partagent nos valeurs. L’objectif est de renforcer leur visibilité et leur leadership », a précisé Diouf.
Une représentation parlementaire en demi-teinte
Hélène Tine, députée chrétienne et fille du ministre Augustin Tine, a partagé ce constat. « Nous sommes des acteurs à part entière de la société. L’Église nous encourage à nous engager, et c’est ce que je fais ». Elle a rappelé que, sur 150 sièges à l’Assemblée nationale, seuls trois sont occupés par des chrétiens — dont elle-même, unique femme parmi les 64 députés féminines.
Selon elle, « la représentation des chrétiens en politique reste timide. Sur les listes électorales, ils sont souvent placés en position non éligible ». Elle a plaidé pour une meilleure promotion de la diversité, pilier historique de la démocratie sénégalaise : « Il faut que les partis politiques et la communauté chrétienne agissent ensemble pour changer cette dynamique ».