22 mai 2026

Africa Solidaire

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Sénégal : Sonko dénonce la pression occidentale sur les valeurs LGBTQ+

Sénégal : Sonko dénonce la pression occidentale sur les valeurs LGBTQ+

Ali Bamba
Discours du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué, ce vendredi, la tentative de l’Occident d’imposer l’homosexualité comme une norme universelle. Il a catégoriquement rejeté toute ingérence extérieure dans l’application d’une loi récente qui alourdit les sanctions contre les relations entre personnes du même sexe au Sénégal.

Dans un pays où la religion musulmane prédomine, la question des droits LGBTQ+ suscite depuis des années des débats houleux. Les défenseurs de ces droits sont souvent accusés par certains milieux de servir les intérêts d’une occidentalisation forcée du continent africain.

À la fin du mois de mars, le président Bassirou Diomaye Faye a ratifié une loi qui double la peine maximale encourue pour les relations homosexuelles. Plusieurs arrestations ont déjà été recensées depuis son entrée en vigueur.

« Ce que nous observons relève d’une forme de tyrannie. Avec huit milliards d’êtres humains, il existe un petit groupe, l’Occident, qui, grâce à son pouvoir économique et médiatique, cherche à imposer ces pratiques au reste du monde », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale sénégalaise.

Sonko a également souligné que les critiques internationales, notamment en provenance de France, n’avaient pas de fondement légitime. « Chacun est libre de ses choix, mais nous ne voulons ni ne recevrons de leçons de qui que ce soit », a-t-il martelé.

Selon lui, aucun pays d’Asie, d’Afrique ou du monde arabe ne partage les préoccupations occidentales sur ce sujet. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité pour la justice sénégalaise d’appliquer cette loi de manière stricte et sans compromis.

La nouvelle législation punit désormais les « actes contre nature » d’une peine de cinq à dix ans de prison, contre un à cinq ans auparavant. Elle prévoit également des sanctions allant de trois à sept ans d’emprisonnement pour quiconque encourage ou finance des relations homosexuelles.

Sonko s’est opposé à toute suspension de l’application de cette loi, rejetant un appel lancé récemment par une trentaine de personnalités africaines dans un éditorial publié en France.

Avant d’accéder au poste de Premier ministre en 2024, il avait déjà exprimé son intention de criminaliser davantage les relations homosexuelles, en transformant cette infraction en un délit grave.

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