Sénégal : un soutien stratégique à macky sall pour l ONU
Le Sénégal fait front commun avec Macky Sall pour les Nations unies
Trois jours après l’avoir reçu officiellement au Palais de la République, Bassirou Diomaye Faye a pris une décision qui marque un tournant : le gouvernement sénégalais apportera un soutien total à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Une démarche qui dépasse les divergences passées et s’inscrit dans une logique d’intérêt national.
Un geste chargé de symboles
Pourquoi ce revirement ? La réponse se trouve dans l’équilibre entre prestige national et opportunité diplomatique. En soutenant Macky Sall, le Sénégal pourrait enfin obtenir une reconnaissance internationale, notamment en matière de représentation africaine au Conseil de sécurité de l’ONU. Une priorité pour le continent, souvent sous-représenté dans les instances onusiennes.
De la prison au Palais : une trajectoire politique mouvementée
Le parcours de Bassirou Diomaye Faye, passé de la détention à la présidence en quelques semaines, explique en partie cette décision. Emprisonné en avril 2023 dans le cadre d’une affaire politique, il a été libéré en mars 2024 grâce à une grâce présidentielle, quelques jours avant l’élection. Son élection a été perçue comme un symbole de rupture avec l’ère Macky Sall, marquée par des tensions majeures.
Pourtant, en recevant son prédécesseur avec respect et en engageant le Sénégal dans sa campagne, Bassirou Diomaye Faye a choisi de mettre de côté les rancœurs personnelles au profit d’une vision plus large : celle d’un État qui défend ses intérêts sur la scène internationale.
Un divorce politique qui a tout changé
Ce revirement n’aurait pas été possible sans un événement clé : la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, son ancien mentor et Premier ministre, démis de ses fonctions en mai dernier. Sonko, figure emblématique de l’opposition à Macky Sall, incarnait une ligne dure vis-à-vis de l’ancien régime. Son départ a libéré le président de cette contrainte politique, lui permettant de réévaluer la candidature de Macky Sall sous un angle purement stratégique.
Une stratégie électorale en arrière-plan
Cette décision s’inscrit aussi dans une logique de recomposition politique. Bassirou Diomaye Faye prépare la création de son propre parti et cherche à élargir sa base électorale. En s’appuyant sur des réseaux historiques, y compris ceux de Macky Sall et d’Abdoulaye Wade, il tente de construire une alternative au PASTEF. Le soutien à Macky Sall pourrait ainsi renforcer sa position avant les prochaines élections en 2029.
Un atout majeur pour la candidature de Macky Sall
Jusqu’à présent, la candidature de Macky Sall souffrait d’un défaut de légitimité nationale. Le silence ou la neutralité du Sénégal était perçu comme un désaveu, fragilisant ses chances face aux autres candidats. Grâce à ce soutien officiel, son pays d’origine lui offre désormais une légitimité sans équivoque, un atout crucial dans la course à la succession d’António Guterres.
Un obstacle majeur persiste
Cependant, ce soutien ne garantit pas une victoire. La tradition onusienne privilégie une rotation régionale, et cette fois-ci, c’est l’Amérique latine qui est en tête. Parmi les cinq candidats déclarés, quatre sont latino-américains, ce qui rend la tâche de Macky Sall, seul non-Latino et ancien chef d’État, particulièrement ardue. Son destin dépendra largement des négociations au sein du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto.
Un candidat bien placé pour négocier
Macky Sall n’est pas isolé sur la scène internationale. Proche de la France, il entretient aussi des relations solides avec la Russie. En 2022, le Sénégal, sous sa présidence, s’était abstenu lors du vote sur l’invasion de l’Ukraine à l’ONU. Cette position équilibrée pourrait lui permettre de naviguer entre les différents blocs. Après avoir obtenu le soutien du Sénégal, il a poursuivi sa tournée diplomatique à Moscou, renforçant encore sa crédibilité.
L’Afrique à l’honneur ?
Si Macky Sall était élu, ce serait une première pour l’Afrique depuis Boutros Boutros-Ghali dans les années 1990. Une victoire symbolique, mais pas seulement : elle pourrait relancer le débat sur l’obtention d’un siège permanent pour le continent au Conseil de sécurité. Une ambition que le Sénégal compte bien porter aux côtés de son ancien président.