16 juillet 2026

Africa Solidaire

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Sénégal : une décennie de progrès vers les objectifs de développement durable

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Le Sénégal fait le point sur ses avancées face aux ODD lors d’une présentation historique à l’ONU

Il y a dix ans, seulement un tiers des ruraux au Sénégal avaient accès à l’électricité. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 70 %. Cette transformation majeure fait partie des nombreux succès que le pays a présentés lors de sa troisième Revue nationale volontaire (RNV), dévoilée le 13 juillet 2026 par Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, devant le Forum politique de haut niveau pour le développement durable des Nations Unies.

Ce forum, organisé du 7 au 15 juillet sous l’égide du Conseil économique et social, se concentre sur des actions transformatrices et inclusives pour concrétiser l’Agenda 2030. Cinq Objectifs de développement durable (ODD) ont été examinés en profondeur : eau et assainissement, énergie, infrastructures et innovation, villes durables, et partenariats stratégiques.

Parmi les 36 pays ayant présenté leur revue cette année, le Sénégal partageait cette session avec le Cabo Verde et l’Italie. « Après notre première revue en 2018 et la seconde en 2022, cette troisième édition confirme notre engagement continu à évaluer nos progrès », a souligné le ministre devant les délégués internationaux.

Cette démarche s’appuie sur une approche collaborative, impliquant ministères, collectivités locales, société civile, secteur privé et système des Nations Unies. « Les contributions de chaque acteur ont permis d’élaborer une revue reflétant fidèlement nos réalités nationales », précise le ministre. Parmi les innovations notables : des rapports alternatifs produits par la société civile, des consultations avec les associations de personnes en situation de handicap, et le premier Examen local volontaire complet réalisé par la ville de Pikine.

Une Revue nationale volontaire est un exercice d’auto-évaluation où un pays présente ses avancées vers les 17 ODD, identifie les défis persistants et partage ses enseignements avec la communauté internationale. Ces revues sont présentées lors du Forum politique de haut niveau, principale instance de l’ONU pour suivre la mise en œuvre de l’Agenda 2030.

Réunion du Forum politique de haut niveau 2026

Les ODD s’inscrivent dans le cadre du plan national « Sénégal 2050 » et de la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029. Près de 93 % des indicateurs ODD sont suivis grâce au dispositif national de suivi-évaluation et à la Revue annuelle conjointe, un outil clé de dialogue et de redevabilité.

Des avancées concrètes pour les populations sénégalaises

Pour le ministre en charge de l’eau, l’ODD 6 (eau propre et assainissement) illustre parfaitement ces progrès. L’accès à l’eau potable atteint désormais 97,8 % en milieu urbain et 96 % en milieu rural, avec une progression de près de neuf points en dix ans dans les zones rurales. L’assainissement a connu une amélioration encore plus marquée en campagne : le taux est passé de 37,5 % à 64,5 % depuis 2015. En milieu urbain, il est passé de 62,5 % à 73,65 %.

Le secteur énergétique affiche une croissance similaire. Le taux d’accès global à l’électricité est passé de 62 % en 2015 à 86 % en 2024. Les énergies renouvelables représentent désormais 29,1 % de la puissance installée, contre seulement 3 % en 2016. L’objectif fixé est d’atteindre 40 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2030.

Les usagers dakarois constatent aussi des changements majeurs : le Train Express Régional (TER) a transporté 23,1 millions de passagers en 2025, contre 2,7 millions dix ans plus tôt. Le Bus Rapid Transit (BRT) entièrement électrique permet quant à lui d’éviter l’émission de plus de 53 000 tonnes de CO2 chaque année.

Cependant, des défis subsistent. Avec plus de la moitié de la population vivant en milieu urbain, le déficit de logements atteint près de 500 000 unités. Le ministre a également évoqué la dette publique, dont l’encours s’élève à 116,1 % du PIB.

Les efforts portent leurs fruits : les recettes fiscales nationales financent désormais 69,7 % du budget, contre 54,8 % en 2015. La qualité de l’air à Dakar s’est améliorée, avec une réduction des particules fines de 35 à 21,8 microgrammes par mètre cube en moyenne.

Quatre axes pour accélérer la transformation d’ici 2030

Pour relever les défis restants, le ministre a détaillé quatre leviers d’action : la transformation structurelle de l’économie autour de huit filières stratégiques et zones économiques spéciales ; la sécurisation de l’eau et de l’assainissement via le Compact national pour la sécurité de l’eau ; la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) et l’accélération du déploiement des énergies renouvelables ; enfin, la mobilisation de financements durables grâce à des partenariats renforcés, notamment avec le Fonds monétaire international (FMI), et la préparation d’une Stratégie nationale de transition pour sortir de la catégorie des pays les moins avancés.

Un dialogue franc et des échanges constructifs

Lors du dialogue interactif qui a suivi, les échanges ont été marqués par des questions directes et des encouragements. La Gambie, voisine du Sénégal, a salué les liens historiques et familiaux unissant les deux pays avant d’interroger le ministre sur les mesures de transparence et de lutte contre la corruption. « Ces trois piliers sont essentiels pour renforcer l’efficacité de l’action publique et la confiance des citoyens », a répondu Cheikh Tidiane Dièye.

Le ministre a cité des institutions comme l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et le Pool judiciaire financier. Il a rappelé que le Groupe d’action financière (GAFI) a retiré le Sénégal de sa liste des juridictions sous surveillance renforcée en octobre 2024, une décision confirmée en juin 2026.

La délégation espagnole a interrogé le ministre sur le rôle de la diaspora dans le développement. « Une migration bien régulée génère des bénéfices mutuels : les pays d’accueil profitent des compétences et de la dynamique économique des migrants, tandis que les pays d’origine bénéficient des transferts de fonds et des compétences », a expliqué le ministre. Il a souligné l’importance d’une coopération équilibrée entre pays d’origine, de transit et de destination pour faire de la migration un levier de développement durable.

La délégation irlandaise a même tenu à féliciter le Sénégal pour la performance des Lions de la Teranga lors de la dernière Coupe du monde.

En conclusion, le ministre a réaffirmé l’engagement du Sénégal : « Nous restons pleinement déterminés à poursuivre la mise en œuvre de l’Agenda 2030 aux côtés de la communauté internationale. »

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