Succession au Cameroun : les enjeux de la nomination d’un vice-président
La scène politique camerounaise est actuellement en pleine ébullition, marquée par des manœuvres de coulisses et des positionnements stratégiques autour de la future vice-présidence.
Le 29 juin 2026, une intervention médiatique remarquée du ministre des Finances sur la réhabilitation de la Sonara a relancé les débats sur la course à la succession. Ce mouvement remet le grand argentier de l’État au centre de l’échiquier politique, alors que des campagnes de déstabilisation semblent viser d’autres figures de proue, notamment Franck Biya.
Certaines informations font état d’un supposé rejet de la candidature de Franck Biya par les élites de la région du Sud, arguant d’une hostilité de la jeunesse locale. Pourtant, dans les cercles du pouvoir, l’ascension de Franck Biya semble inquiéter les autres prétendants au poste de vice-président. Avant son récent séjour en Suisse, le président Paul Biya aurait été sollicité par deux clans distincts proposant chacun une structure de gouvernement et un vice-président : l’un émanant de l’entourage de la Première dame et l’autre du Secrétariat général de la présidence. Le chef de l’État n’a donné suite à aucune de ces propositions, préférant maintenir le flou et privilégier des séances de travail directes avec son fils lors de son déplacement à Genève.
Des accusations de trafic d’or pour fragiliser les héritiers ?
La bataille pour le sommet de l’État prend une tournure judiciaire et médiatique violente. Des allégations tentant d’impliquer Franck Biya dans des réseaux de trafic d’or ont récemment circulé. Ces révélations surviennent alors que le Tribunal Criminel Spécial (TCS) examine de près plusieurs scandales financiers et l’affaire Martinez Zogo. Ces dossiers pourraient conduire à la chute de plusieurs hauts responsables du régime qui nourrissent des ambitions pour la vice-présidence. Plus l’attente du remaniement ministériel se prolonge, plus les scandales éclatent, exposant les appétits féroces au sein de l’appareil étatique.
Cette situation de transition non encore formalisée pose des défis majeurs pour la sécurité du président. Suite à l’affaire Martinez Zogo, qui a mis en lumière des liens troubles entre certains services et des hommes d’affaires, Paul Biya a renforcé sa protection en s’appuyant davantage sur le BIR (Bataillon d’Intervention Rapide). Le commandement de la Garde Présidentielle aurait d’ailleurs rapproché ses bureaux du palais d’Etoudi pour assurer une surveillance accrue.
L’implication discrète des États-Unis dans la stabilité camerounaise
Le contexte sécuritaire est suivi avec une attention particulière par les États-Unis. Les services de renseignement américains, conscients des risques de déstabilisation en l’absence d’un plan de succession clair, auraient conseillé au président camerounais de limiter ses déplacements internationaux. La visite discrète à Yaoundé-Nsimalen de William Joseph Burns, directeur de la CIA, témoigne de l’importance stratégique du Cameroun pour Washington. Des échanges de haut niveau ont eu lieu avec les responsables de la sécurité nationale pour garantir la stabilité du pays.
Malgré les rumeurs de fragilité, le président Paul Biya semble conserver une maîtrise totale des dossiers sensibles. Face à la guerre des clans qui fait rage, sa priorité reste la sécurisation du processus de transition afin d’assurer au Cameroun une alternance pacifique, loin des tumultes qui pourraient menacer la souveraineté nationale.