31 mai 2026

Africa Solidaire

Actualités et analyses sur l'Afrique subsaharienne, avec un regard solidaire sur les enjeux du continent.

Tensions Bénin Niger : toumba exige des garanties à wadagni avant l’investiture

Manifestation de soutien à la junte militaire nigérienne à Niamey

Les faits marquants. Lors d’un long entretien télévisé diffusé le 21 avril sur la chaîne publique nigérienne RTN, le général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur et figure influente du pouvoir à Niamey, a abordé plusieurs sujets sensibles. Parmi eux, la dégradation des relations entre le Niger et le Bénin, dans un contexte où le second s’apprête à changer de dirigeant.

Le général nigérien a notamment évoqué l’escalade des violences djihadistes dans la région du Tillabéry, mais aussi les tensions croissantes avec Cotonou. Avec l’arrivée prochaine de Romuald Wadagni à la présidence du Bénin, prévue pour le 24 mai, les attentes de Niamey semblent se préciser.

Une déclaration forte a marqué les esprits : « Patrice Talon n’était pas le vrai problème. Le vrai problème, c’est Macron. » Selon le général Toumba, l’ancien président béninois aurait servi de relais à la France pour faciliter des actions hostiles contre le Niger. « Talon a ouvert la porte aux Français, leur permettant de s’installer sur son territoire et d’y organiser des attaques contre nous », a-t-il affirmé.

Patrice Talon n’était pas le vrai problème. Le vrai problème, c’est Macron.

Face à la future équipe béninoise, Mohamed Toumba a formulé des exigences précises. Il réclame des « preuves concrètes de bonne volonté » : une déclaration officielle du Bénin affirmant sa neutralité vis-à-vis des intérêts français et garantissant qu’il ne servira pas de base arrière pour des actions hostiles contre le Niger.

Contexte des tensions : une dégradation progressive

Les relations entre les deux pays d’Afrique de l’Ouest se sont fortement détériorées depuis le coup d’État perpétré par le général Abdourahamane Tiani le 26 juillet 2023. Les accusations portées par la junte nigérienne contre le Bénin, la France et la Côte d’Ivoire se sont multipliées, notamment après l’attaque de l’aéroport international de Niamey et de la Base 101, où des militaires russes sont déployés.

Le général Tiani avait alors lancé des avertissements cinglants : « Nous avons assez écouté ceux qui aboient. Qu’ils se préparent à entendre rugir. » Il pointait du doigt Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, les accusant d’être les instigateurs de cette attaque, revendiquée par l’État islamique.

Romuald Wadagni face à l’intransigeance nigérienne

Romuald Wadagni, élu président du Bénin avec 94 % des voix lors du scrutin du 12 avril, avait pourtant affiché une volonté de dialogue avec Niamey. « Je suis convaincu que nous parviendrons à nous asseoir et à discuter. Nous n’avons pas d’autre choix ! » avait-il déclaré le 23 mars dernier. « Les pays de la région partagent les mêmes défis : sécurité, pauvreté, chômage des jeunes. Notre objectif commun est une prospérité partagée. La seule solution ? Travailler ensemble. »

Il avait également évoqué des échanges réguliers entre les chefs d’état-major du Bénin, du Niger et du Burkina Faso, estimant que la coopération sécuritaire pourrait s’améliorer. Pourtant, à Niamey, l’optimisme n’est pas de mise.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes