1 juin 2026

Africa Solidaire

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Togo : la fin d’une escroquerie d’état qui saignait les familles

Un système éducatif gangrené par l’appétit des opérateurs privés

Pendant des années, le système éducatif togolais a fonctionné comme une machine à sous, drainant sans complexe les ressources des familles les plus vulnérables. L’annonce récente de la suppression des résultats d’examens par SMS, portée par le ministre de l’Éducation nationale Mama Omorou, a révélé l’ampleur d’un détournement systématique orchestré sous l’ère du président Faure Gnassingbé.

L’angoisse des familles, moteur d’un business douteux

Lors d’une inspection surprise le 30 mai 2026 dans les centres de correction du BAC I à Lomé, le ministre a dénoncé un mécanisme aussi cynique que lucratif. Chaque année, des milliers de parents, sous le coup de l’anxiété, multipliaient les envois de SMS surtaxés (entre 100 et 250 francs CFA par message) pour consulter les résultats de leurs enfants. Un même candidat pouvait ainsi recevoir jusqu’à cinq messages identiques, générant des revenus artificiels au détriment des foyers togolais.

Des chiffres qui donnent le vertige

Si aucun audit n’a encore été rendu public, les estimations parlent d’elles-mêmes. En additionnant le nombre de candidats aux examens nationaux (CEPD, BEPC, BAC I et BAC II) et en tenant compte du nombre de SMS envoyés par foyer, le bilan est accablant : des dizaines de millions de messages par session, soit une manne financière colossale.

Sur les quinze à vingt dernières années, cette pratique a permis de détourner plusieurs milliards de francs CFA. Une somme colossale, qui n’a jamais profité à l’école publique, mais qui a principalement enrichi des opérateurs de téléphonie mobile et des intermédiaires opaques, sous couvert de concessions étatiques jamais remises en cause.

Vers une refonte numérique transparente et équitable

La décision de Mama Omorou marque un tournant, mais elle soulève un défi de taille : comment remplacer ce système sans retomber dans les désordres des files d’attente interminables devant les centres d’affichage ?

Le Togo, qui se vante de sa politique d’intégration du numérique, doit impérativement mettre en place des plateformes étatiques, gratuites et sécurisées pour publier les résultats. Cette modernisation implique plusieurs principes fondamentaux :

  • Souveraineté numérique : les résultats doivent être hébergés sur des serveurs publics (.tg) sous contrôle de l’État.
  • Transparence absolue : l’accès aux résultats doit être totalement gratuit, financé par le budget national de l’éducation, afin de garantir l’équité.
  • Modernisation accessible : la diffusion par vagues de courriels ou via des portails mobiles légers est une solution simple, peu coûteuse et adaptée aux réalités du pays.

Une école togolaise en quête d’éthique et de mérite

Au-delà du scandale financier, le ministre a profité de sa tournée pour rappeler aux correcteurs l’importance de la rigueur et de la méritocratie. Une école rénovée, fondée sur la justice sociale, ne peut plus tolérer de telles dérives institutionnalisées.

Cette annonce représente une rupture idéologique majeure. En protégeant les familles contre ces pratiques frauduleuses, le ministère pose les bases d’un système éducatif plus juste. Reste à savoir si les autorités oseront aller jusqu’au bout en auditant les contrats passés avec les opérateurs de téléphonie, afin de restituer ces milliards de francs CFA volés à l’avenir des jeunes Togolais.

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