2 septembre 2026

Africa Solidaire

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Togo : les créances impayées étouffent les pme et bloquent les infrastructures

Les entrepreneurs togolais qui collaborent avec l’État se retrouvent aujourd’hui dans une situation critique. Leur principal obstacle ? L’accès au financement bancaire pour mener à bien les projets publics. Les PME et entreprises locales spécialisées dans la commande publique dénoncent un durcissement des conditions d’octroi de crédits par les banques, qui freine considérablement l’avancement des chantiers et des infrastructures au Togo.

Un cercle vicieux alimenté par les retards de paiement

Le cœur du problème réside dans l’accumulation de créances non réglées par les administrations publiques après l’exécution des marchés. Pour honorer leurs obligations contractuelles, les entreprises sollicitent massivement des prêts bancaires. Or, lorsque l’État ou ses entités tardent à régler leurs factures, ces retards en cascade perturbent toute la chaîne de remboursement. Résultat : les entreprises se retrouvent dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts dans les délais impartis, fragilisant ainsi leur santé financière.

Les banques sous pression : liquidité et rentabilité en jeu

Cette dynamique a des répercussions directes sur le secteur bancaire. Selon l’analyse du Dr LANDOZI Saharou, économiste et expert en finance, les créances en souffrance liées aux projets publics se transforment en créances douteuses ou en NPL (Non-Performing Loans). Face aux exigences prudentielles de la BCEAO, les banques sont obligées de mobiliser d’importantes provisions pour couvrir ces risques, ce qui réduit leur capacité à octroyer de nouveaux financements. En 2025, cette situation a contribué aux pertes nettes enregistrées par le secteur financier togolais au sein de l’UMOA.

Sur le terrain, les dirigeants de petites structures du BTP témoignent de ces difficultés au quotidien : « Nous sommes pris en étau. L’État exige des avancées rapides sur les chantiers, mais les banques bloquent nos lignes de crédit dès qu’un décompte accuse du retard. »

Un autre constat alarmant : les garanties réelles exigées par les institutions financières pour accorder des préfinancements deviennent quasi inatteignables pour les PME locales. Sans soutien public ou mécanisme d’aval, ces entreprises se retrouvent exclues face à la concurrence des grands groupes, mieux armés pour fournir les cautions demandées.

Vers une refonte du système pour relancer l’économie

Face à cette impasse, des solutions émergent pour briser ce cycle néfaste. Le Dr LANDOZI Saharou et d’autres spécialistes plaident pour une réforme structurelle de la commande publique, axée sur un partage équitable des risques :

  • Créer un fonds de garantie dédié : Cet outil permettrait de sécuriser les engagements des PME auprès des banques, limitant ainsi les provisions nécessaires et facilitant l’accès au crédit.
  • Utiliser des comptes séquestres : Une gestion transparente des fonds publics garantirait que les décomptes soient directement affectés au remboursement des prêts bancaires.
  • Titriser les arriérés : Transformer les créances publiques en titres négociables aiderait à assainir les bilans bancaires et à libérer des liquidités pour financer de nouveaux projets.

Pour le Dr LANDOZI Saharou, ces mesures redonneraient aux banques leur rôle central dans l’économie : « En adoptant ces réformes, le secteur bancaire pourrait concilier rentabilité et soutien au développement national, tout en sécurisant les investissements publics. »

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