Togo propose une stratégie de pont entre le Sahel et la communauté internationale
Togo propose une stratégie de pont entre le Sahel et la communauté internationale
Le Togo a dévoilé sa nouvelle stratégie géopolitique et sécuritaire pour la région du Sahel lors d’une réunion de haut niveau organisée à Lomé le samedi 15 mars 2026. Cet événement a réuni des représentants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Alliance des États du Sahel (AES), ainsi que des émissaires internationaux, dont ceux de la France et de l’Union européenne.
une initiative pour relancer le dialogue avec les pays de l’AES
L’objectif principal de cette stratégie est d’engager un dialogue constructif avec les gouvernements du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Ces trois pays ont progressivement pris leurs distances avec la CEDEAO et leurs partenaires occidentaux ces dernières années, privilégiant des alliances avec la Russie et d’autres acteurs internationaux.
Le Togo, grâce à sa position géographique stratégique et son influence régionale, souhaite jouer un rôle clé de médiateur pour rétablir la stabilité dans la région. « Le Togo est prêt à mettre son expertise en matière de médiation et sa position régionale au service de la stabilité, en agissant comme un pont entre le Sahel et la communauté internationale », a déclaré le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey.
les cinq piliers de la stratégie togolaise pour le Sahel
La stratégie 2026-2028 du Togo repose sur cinq axes majeurs :
- Le dialogue politique avec les pays de l’AES pour renforcer la coopération régionale.
- La coopération régionale et internationale afin de mobiliser des soutiens pour la lutte contre le terrorisme.
- La lutte contre le terrorisme et la sécurisation des frontières, notamment face aux groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
- Le renforcement de l’intégration économique régionale pour stimuler le développement et réduire les inégalités.
- La promotion de la paix et de la stabilité en facilitant les échanges entre les différentes parties prenantes.
réactions positives des pays de l’AES
Les représentants des pays membres de l’Alliance des États du Sahel ont salué la nouvelle stratégie togolaise. « La coopération sécuritaire passe notamment par la fin de l’accueil de forces étrangères hostiles menant des actions de déstabilisation ou de subversion des États voisins », a souligné le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop.
Ces pays font face à une menace terroriste croissante, avec des groupes armés qui étendent leur influence vers les États côtiers comme le Togo et le Bénin, causant des milliers de victimes et des pertes humaines et matérielles considérables.
un appel à l’union contre les groupes terroristes
La montée en puissance des groupes djihadistes dans le Sahel représente un défi majeur pour la sécurité régionale. Ces organisations, affiliées à Al-Qaïda et à l’État islamique, profitent des faiblesses institutionnelles et des crises politiques pour étendre leur emprise.
Face à cette situation, la stratégie togolaise vise à mobiliser l’ensemble des acteurs régionaux et internationaux pour une réponse coordonnée et efficace. L’objectif est de combattre le terrorisme, de stabiliser les zones affectées et de renforcer la résilience des populations.