10 mai 2026

Urgence humanitaire au Mali : l’exécutif écarte toute discussion avec les groupes armés

Devant les représentants diplomatiques en poste à Bamako, le chef de la diplomatie du Mali a tenu à clarifier la position de l’État face aux revendications d’une partie de la classe politique. Abdoulaye Diop a affirmé avec fermeté que les autorités de transition ne prévoient aucune forme de médiation avec les mouvements terroristes, qu’il juge responsables des souffrances endurées par les civils depuis plusieurs années.

Actuellement, la stratégie privilégiée par le pouvoir malien repose exclusivement sur une réponse militaire. Dans cette optique, le Mali aurait récemment réceptionné de nouvelles cargaisons de matériel militaire en provenance de Russie pour renforcer ses capacités opérationnelles sur le terrain.

Une offensive militaire ciblée vers le nord

Dans la partie septentrionale du pays, l’état-major se fixe pour priorité la reprise de la ville de Kidal, actuellement sous le contrôle de groupes armés. Pour préparer cette offensive, les forces armées maliennes, épaulées par des instructeurs russes, ont consolidé leurs positions stratégiques à Aguelok après s’être retirées de deux autres localités de la zone.

Parallèlement, dans le sud du pays, l’armée tente de briser l’étau des djihadistes qui entravent la circulation sur les principaux axes routiers. Ce blocus paralyse des centaines de véhicules de transport et de marchandises, laissant de nombreux passagers dans une situation de précarité extrême.

Le calvaire de Diafarabé : entre famine et isolement

Au centre du Mali, la commune de Diafarabé, située dans la région de Mopti, traverse une crise humanitaire sans précédent. La ville subit un siège imposé par le Jnim depuis mai 2025. Malgré les alertes lancées par les habitants sur les réseaux sociaux, la situation demeure critique et les secours se font attendre.

Les réserves alimentaires sont totalement épuisées, les pharmacies sont vides et l’accès aux soins de base est devenu quasi inexistant. Un habitant de la localité témoigne de ce quotidien insoutenable : « L’isolement est complet, plus rien ne circule. La famine s’est installée et nous ne survivons que grâce à l’espoir. Les militaires nous ont promis un convoi de vivres après nos manifestations, mais nous attendons toujours. »

Ce témoin raconte également les risques encourus pour tenter de briser ce siège par voie fluviale lors des crues : « J’ai moi-même été blessé par balle et j’ai eu le bras fracturé en essayant de ramener de la nourriture. Aujourd’hui, notre unique priorité est de manger pour survivre. » Face à ce désespoir grandissant, la population de Diafarabé appelle à une intervention d’urgence pour éviter une catastrophe humaine totale.

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