36 migrants africains expulsés vers le Cameroun portent plainte en justice
FILE PHOTO: A detained woman sits inside a vehicle surrounded by federal agents, as immigration enforcement continues after a U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) agent fatally shot Renee Nicole Good on January 7 during an immigration raid, in Minneapolis, Minnesota, U.S., January 21, 2026. REUTERS/Leah Millis/File Photo
36 migrants africains expulsés vers le Cameroun portent plainte en justice
Leur avocat dénonce l’utilisation du Cameroun comme pays de transit pour des retours forcés vers des situations à risque.
Un groupe de 36 Africains, renvoyés des États-Unis vers Yaoundé en 2026, a engagé une procédure judiciaire au Cameroun. Leur objectif : faire annuler l’accord migratoire liant Washington et Yaoundé, obtenir une protection juridique et éviter un renvoi vers leurs pays d’origine.
Un recours contre les expulsions vers des pays à risque
La plainte déposée devant le tribunal administratif de Yaoundé exige notamment la suspension immédiate de l’accord migratoire avec les États-Unis. Elle réclame aussi le droit pour ces 36 personnes de demander une protection au Cameroun et d’y résider légalement.
L’avocat des migrants, Me Joseph Fru Awah, a précisé que cette action vise à empêcher toute expulsion vers des territoires où ces personnes pourraient subir persécutions ou tortures. « Le Cameroun ne peut servir de plaque tournante pour des transferts vers des zones dangereuses », a-t-il alerté.
Des profils protégés avant leur expulsion
Issus de la République démocratique du Congo, du Ghana, de l’Angola, de l’Éthiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du Sénégal, du Zimbabwe et du Maroc, ces 36 individus bénéficiaient autrefois d’une protection judiciaire aux États-Unis. Entre janvier et mai 2026, ils ont pourtant été expulsés vers le Cameroun, où leur situation administrative reste floue.
Depuis leur arrivée à Yaoundé, ils séjournent dans un centre géré par les autorités camerounaises en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations. Privés de documents d’identité et de statut clair, ils subissent des restrictions de mouvement.
Des accords controversés entre Washington et plusieurs pays africains
Le Cameroun figure parmi les nations africaines ayant accepté de recevoir des migrants expulsés des États-Unis. D’autres pays comme la Centrafrique, la Guinée équatoriale, le Rwanda, le Soudan du Sud, l’Eswatini et la Sierra Leone ont également conclu des arrangements similaires.
L’administration américaine affirme que, bien qu’elle ne puisse pas les renvoyer dans leur pays d’origine, elle est en droit de les transférer vers des États tiers. Des révélations ont montré que Washington a proposé des millions de dollars et brandi la menace de restrictions de visas pour convaincre certains gouvernements africains d’accepter ces transferts.