16 juillet 2026

Africa Solidaire

Actualités et analyses sur l'Afrique subsaharienne, avec un regard solidaire sur les enjeux du continent.

Abidjan consolide son rôle de hub portuaire pour le Sahel

Le Port autonome d’Abidjan a officialisé le renforcement de ses partenariats économiques avec Ouagadougou, Bamako et Niamey, marquant une étape clé dans sa stratégie de développement logistique. Cette initiative, dévoilée récemment, s’inscrit dans une démarche visant à renforcer son attractivité comme plateforme incontournable pour les échanges entre l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

Une performance commerciale exceptionnelle en 2025

Avec une progression de 16 % de son trafic global enregistrée en 2025, le Port d’Abidjan confirme son statut de leader en Afrique de l’Ouest francophone. Cette croissance remarquable illustre sa capacité à maintenir des flux commerciaux stables avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays enclavés dépendant de ses infrastructures pour leurs importations. Malgré les tensions diplomatiques récentes, Abidjan reste un acteur central pour l’approvisionnement de la région.

Cette dynamique a permis au port ivoirien de devancer ses concurrents directs, notamment ceux de Lomé et Cotonou, en termes de volume de marchandises traitées. Les investissements massifs engagés par les autorités portuaires visent à optimiser les capacités de traitement et à réduire significativement les délais d’escale des navires.

Un corridor innovant pour fluidifier les échanges avec Bamako

Un axe logistique multimodal a été lancé en avril 2025 pour relier Abidjan à Bamako via le port sec de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Ce projet, porté par Africa Global Logistics, combine transport routier et ferroviaire pour accélérer l’acheminement des marchandises vers le Mali. Une avancée majeure pour les opérateurs économiques des deux pays.

Le gouvernement burkinabè a alloué près de 200 milliards de francs CFA dans son budget 2026 pour rénover la route reliant Ouagadougou à Bobo-Dioulasso. Ces travaux, essentiels pour désengorger le trafic, permettront de réduire les coûts et les délais de transit pour les marchandises à destination du Sahel.

La dématérialisation des formalités douanières

Depuis le 31 mars 2025, la Côte d’Ivoire a supprimé les visas douaniers physiques pour le transit de marchandises vers le Mali et le Burkina Faso. Cette réforme s’accompagne du déploiement du système numérique SIGMAT, interconnecté avec les douanes burkinabè, pour sécuriser et accélérer les procédures de dédouanement. Les opérateurs bénéficient désormais d’une gestion en ligne des déclarations, limitant les files d’attente aux frontières.

Cette modernisation s’inscrit dans une volonté plus large de simplification administrative, renforçant la compétitivité du port d’Abidjan face à ses rivaux régionaux.

La Côte d’Ivoire, un pilier économique de la région

Première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, la Côte d’Ivoire mise sur ses infrastructures portuaires pour consolider son influence commerciale. Le pays dispose de deux ports majeurs : Abidjan, spécialisé dans le trafic conteneurisé et les échanges avec le Sahel, et San Pedro, dédié à l’exportation de cacao et de bois. Abidjan, en particulier, concentre l’essentiel des flux de marchandises en transit vers les pays enclavés.

Les autorités ivoiriennes ont récemment obtenu un engagement des Pays-Bas pour investir 196 milliards de francs CFA dans la modernisation des ports d’Abidjan et de San Pedro. Par ailleurs, le groupe belge Sea Invest a annoncé des investissements supplémentaires, visant à porter la capacité de traitement des ports ivoiriens à 11 millions de tonnes d’ici 2026.

Un enjeu vital pour les pays enclavés

Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’accès au Port d’Abidjan reste une nécessité stratégique. Ces trois États, privés de littoral, dépendent des corridors commerciaux transitant par la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo ou le Ghana pour leurs approvisionnements en produits essentiels. Malgré le retrait de l’Alliance des États du Sahel de la CEDEAO en janvier 2024, les initiatives portuaires ivoiriennes visent à préserver la fluidité des échanges, indépendamment des évolutions politiques.

Les autorités ivoiriennes misent sur des tarifs compétitifs et des procédures optimisées pour maintenir l’attractivité d’Abidjan, face à la concurrence des ports béninois et togolais également actifs sur les corridors sahéliens.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes