28 avril 2026

AES : les défis de la circulation au sein de l’espace sahelien

L’AES face aux obstacles de la libre circulation des personnes et des marchandises

Les dirigeants du Mali, Assimi Goita, du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et du Niger, le général Abdourahamane Tiani, marchent ensemble lors du premier sommet ordinaire des dirigeants de l'Alliance des États du Sahel (AES) à Niamey, au Niger, le 6 juillet 2024

Le retrait des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Cédéao a engendré des complications majeures pour la libre circulation des personnes et des biens. Cette situation pose des défis administratifs sans précédent pour les ressortissants des trois pays concernés.

Les documents officiels comme les passeports, les cartes d’identité ou encore les permis de conduire sont désormais au cœur des difficultés pour voyager au sein de l’espace Cédéao. Almou Yacouba, secrétaire général du Syndicat démocratique routier du Niger, partage son expérience :

« Les obstacles persistent au niveau des cartes grises internationales et des permis internationaux. L’assurance Cédéao, par exemple, complique nos déplacements dans l’espace AES. En arrivant en Côte d’Ivoire avec une carte d’identité nigérienne, les autorités locales peuvent refuser de la valider car elle ne mentionne pas de date d’expiration, contrairement aux anciennes cartes Cédéao. Aujourd’hui, de nombreux voyageurs se heurtent à ces exigences aux frontières, rendant leurs déplacements très compliqués. »

On a des problèmes avec les pièces de voyage (Almou Yacouba)

Des contrôles abusifs toujours présents malgré les ambitions de l’AES

Malgré les intentions affichées par les gouvernements des États du Sahel pour faciliter les déplacements, les voyageurs et les transporteurs continuent de subir des contrôles arbitraires et des demandes de pots-de-vin aux frontières, y compris au sein de l’AES.

Chaibou Tchiombiano, secrétaire général des commerçants importateurs et exportateurs du Niger, souligne les incohérences entre les discours et la réalité :

« Idéalement, une libre circulation des personnes et des marchandises devrait être effective. Pourtant, nous sommes régulièrement confrontés à ces problèmes. »

Notre objectif, précise-t-il, est la création d’un passeport unique AES, permettant une circulation fluide entre les États membres de l’Alliance. »

Les documents administratifs restent donc un enjeu majeur pour les citoyens des trois pays, poussant Niamey à organiser, en décembre 2025, une réunion des ministres des Transports de l’AES. L’objectif ? Trouver des solutions pour rétablir la libre circulation des personnes et des biens, après leur retrait de la Cédéao.

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