Blocages douaniers menacent le programme sino-congolais
blocages douaniers menacent le programme sino-congolais
Alors que le Programme Sino-Congolais mobilise des moyens techniques, financiers et institutionnels colossaux pour ériger des infrastructures majeures en République Démocratique du Congo, des retards persistants dans le dédouanement des matériaux bloquent actuellement l’avancement des chantiers. Ce dysfonctionnement menace de compromettre l’ensemble des réalisations prévues.
Lors d’une réunion de suivi avec le Ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, Nico Nzau Nzau, Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux, a tiré la sonnette d’alarme. Sans bitume disponible, les opérations de revêtement des routes s’enlisent. Plus de six mois après l’importation de près de 1 500 tonnes de bitume par la société SISC SA — pourtant exonérée selon les conventions en vigueur — ces ressources restent bloquées au port de Matadi.
Cette situation expose l’ensemble du programme à un risque de paralysie. Plusieurs chantiers déjà engagés, comme les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, la route Manterne – Tshela – Singini, ou encore la RN1 Mbujimayi – Nguba, pourraient subir des retards critiques. John Banza, le Ministre en charge des infrastructures, a souligné que ces blocages freinent le développement national et priveront la population d’équipements modernes.
des infrastructures bloquées par des dysfonctionnements administratifs
Les difficultés ne se limitent pas au bitume. Près de 1 650 tonnes supplémentaires de ce matériau, destinées à la réhabilitation de la RN1, sont immobilisées dans le Grand Katanga. Des équipements lourds, notamment ceux de la centrale à béton du Stade d’Idiofa, ainsi que des pièces de rechange et autres fournitures, s’accumulent également dans les postes douaniers. Ces retards empêchent leur déploiement sur les sites de construction.
Les entreprises impliquées dans le programme bénéficient pourtant d’avantages fiscaux prévus par la Loi n°14/005 du 11 février 2014 et l’Avenant n°5 à la Convention de Collaboration signé en 2024. Pourtant, des demandes de prise en charge des fiscalités indirectes et des messages phoniques restent sans réponse depuis des mois. L’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC), en tant qu’interface entre les acteurs, doit impérativement accélérer ses interventions pour débloquer cette situation.
un impact direct sur les populations et l’économie
La saison sèche, propice aux grands travaux, risque de ne pas suffire à rattraper le temps perdu. Les retards actuels pourraient entraîner des reports de livraison, privant les Congolais d’infrastructures essentielles. Parmi les projets directement concernés :
- Les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa ;
- La route Kananga – Kalamba Mbuji ;
- L’Hôpital Général de Référence de Kikwit, dont la capacité passera de 150 à 650 lits ;
- Le Stade d’Idiofa et ses infrastructures associées.
Le Ministre John Banza a lancé une caravane d’inspection dans le Grand Bandundu pour évaluer l’état des chantiers. Si certains ouvrages progressent, comme l’Hôpital de Kikwit, la persistance des blocages douaniers pourrait freiner l’ensemble du programme.
Sans une intervention rapide de l’APCSC et une coordination renforcée entre tous les acteurs, le Programme Sino-Congolais risque de subir des conséquences irréversibles, retardant durablement les ambitions de modernisation du pays.