31 mai 2026

Africa Solidaire

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Crise politique au Bénin : un projet de putsch déjoué relance le débat sur la succession de Patrice Talon

L’interpellation récente de trois personnalités influentes au Bénin, soupçonnées d’avoir fomenté un « coup d’État », place la question de la succession du président Patrice Talon au sommet des préoccupations nationales, alors que son second mandat arrive à échéance en 2026.

Le procureur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a révélé l’arrestation de Djimon Dieudonné Tévoédjrè, chef de la Garde républicaine, de l’ex-ministre Oswald Homéky et de l’homme d’affaires Olivier Boko. La justice les accuse d’avoir orchestré une tentative de renversement du pouvoir prévue pour le 27 septembre 2024. Toutefois, selon certaines informations, le commandant de la Garde aurait été remis en liberté depuis ces événements.

Selon les éléments fournis par la CRIET, un compte bancaire aurait été ouvert auprès de la NSIA Côte d’Ivoire au profit du commandant de la Garde pour financer l’opération. De son côté, l’institution bancaire ivoirienne a formellement démenti l’existence d’un tel compte lié à l’officier béninois.

Vue générale de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), à Porto-Novo, le 10 décembre 2021.

L’enjeu crucial de la présidentielle de 2026

Olivier Boko, figure centrale de ce dossier et proche de longue date de Patrice Talon, est souvent perçu comme le bras droit du chef de l’État. Bien qu’il n’occupe aucun poste officiel, ses velléités politiques affichées ces derniers mois pour le scrutin de 2026 semblent avoir créé des tensions au sommet de l’État. Soutenu par Oswald Homéky, il se positionnait comme un successeur potentiel, alors que la Constitution impose au président actuel de se retirer après deux mandats consécutifs.

Des réactions divergentes au sein de la classe politique

Pour l’analyste Tiburce Adagbè, cette affaire marque une nouvelle étape décisive dans la course électorale. Il souligne que si la procédure judiciaire se poursuit, l’un des favoris à la succession pourrait être définitivement écarté. Euloge Francis Atadé, spécialiste en gouvernance, rappelle quant à lui le climat d’instabilité régionale marqué par des putschs militaires récents au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Dans le camp présidentiel, Gilles Gohy, membre de l’Union progressiste le Renouveau, appelle au calme et à la confiance envers les institutions judiciaires. À l’inverse, l’opposant en exil Valentin Djenontin redoute une manœuvre visant à renforcer l’emprise du chef de l’État sur le calendrier politique.

Les partis d’opposition, dont la FCBE, ont condamné toute prise de pouvoir non démocratique, tandis que le Bloc Républicain, allié au pouvoir, s’est alarmé de la gravité des faits dénoncés. Parallèlement, le mouvement OB26, qui soutient la candidature d’Olivier Boko, dénonce un acharnement politique et des méthodes répressives visant à museler un concurrent sérieux, dans un contexte où Patrice Talon est régulièrement critiqué pour un virage autoritaire.

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