31 mai 2026

Africa Solidaire

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Crise politique au Mali : l’ONU alerte sur les risques pour les droits humains

Crise politique au Mali : l’ONU met en garde contre l’érosion des droits humains

Les Nations Unies expriment de sérieuses préoccupations concernant l’évolution de la situation au Mali. À travers la voix de son Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, l’organisation internationale dénonce avec fermeté la suspension prolongée des élections et le durcissement de la répression exercée à l’encontre de la société civile.

Manifestation contre la répression au Mali

Des lois controversées qui menacent les libertés fondamentales

Volker Türk tire la sonnette d’alarme : « Les nouvelles législations adoptées ces derniers mois au Mali risquent d’entraver durablement le respect des droits humains dans le pays ». Le Haut-Commissaire appelle les autorités de transition à agir sans délai pour abroger ces textes qu’il juge problématiques. L’organisation exige notamment la tenue d’élections dans les plus brefs délais pour restaurer la crédibilité du processus démocratique.

Un mandat présidentiel illimité et la dissolution des partis politiques

En juillet 2025, le général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir depuis 2021, a fait adopter une loi lui conférant un mandat présidentiel illimité, le plaçant de fait à la tête de l’État. Cette mesure, couplée à la dissolution des partis politiques en mai 2025, ferme la porte à toute élection démocratique à court ou moyen terme. Volker Türk souligne que ces décisions violent le droit fondamental des citoyens maliens à participer aux affaires publiques, à voter et à se présenter aux élections.

La Cour Constitutionnelle du Mali est désormais saisie de ce dossier, mais aucune décision concrète n’a encore été rendue.

Arrestations arbitraires et instrumentalisation de la justice

La répression ne se limite pas aux urnes. Plusieurs personnalités de la société civile et anciens responsables politiques, dont le militant anti-corruption Clément Dembélé et l’ex-Premier ministre Choguel Maïga, ont été placés en détention. L’ONU s’insurge contre cette « vague d’arrestations ciblant indistinctement des individus simplement pour avoir exprimé leurs opinions ».

Volker Türk déclare : « L’augmentation alarmante des détentions arbitraires, justifiées par des accusations floues d’atteinte à la crédibilité de l’État, est inacceptable. Il est urgent de mettre fin à cette dérive et de libérer immédiatement tous les détenus politiques ». L’organisation internationale dénonce une instrumentalisation de la justice pour museler toute dissidence.

Face à cette escalade autoritaire, l’ONU appelle à une réaction immédiate des autorités maliennes pour rétablir l’État de droit et garantir le respect des libertés fondamentales.

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