2 juin 2026

Africa Solidaire

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Crise politique au Sénégal : l’opposition défie la réintégration de sonko à l’assemblée

Les parlementaires sénégalais de l’opposition ont officiellement porté l’affaire devant le Conseil constitutionnel pour contester la décision du Bureau de l’Assemblée nationale, adoptée le 24 mai 2026, validant la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député.

Dans un communiqué solennel, les signataires dénoncent une violation flagrante des principes constitutionnels et une atteinte au principe de séparation des pouvoirs. Ils accusent la majorité parlementaire de transgresser les règles en maintenant un mandat incompatible avec les fonctions exercées par Sonko, notamment après son passage au gouvernement, conformément à l’article 54 de la Constitution.

Une requête juridique pour rétablir la légalité

Les députés de l’opposition rappellent que Ousmane Sonko, élu député en 2024, avait automatiquement perdu son siège en acceptant un poste ministériel, une incompatibilité prévue par la loi fondamentale. Sa réintégration le 24 mai, suivie de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale deux jours plus tard, est présentée comme une manœuvre illégale visant à contourner les règles démocratiques.

Ils soulignent l’urgence pour le Conseil constitutionnel d’intervenir pour sanctionner cet acte et rétablir le respect de la Constitution. « Seul ce gardien des institutions peut empêcher qu’un tel détournement de la loi échappe à tout contrôle », affirment-ils.

Des documents publics refusés aux députés

Pour appuyer leur recours, les opposants ont tenté d’obtenir les actes officiels et le procès-verbal de la séance du 26 mai 2026, essentiels à leur démarche. Malgré des sommations d’huissier, le Secrétaire général et le Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale ont refusé de leur transmettre ces pièces, pourtant publiques.

Ce blocage, qualifié de menace pour la transparence démocratique, aggrave leur méfiance envers des institutions qu’ils estiment manipulées. Les signataires exigent que cette entrave soit levée sans délai, rappelant que l’accès aux documents parlementaires est un droit constitutionnel.

Un engagement pour la démocratie sénégalaise

Dans leur déclaration, les députés opposants réitèrent leur attachement à une démocratie fondée sur la loi. Ils insistent sur le fait qu’aucune majorité, aussi imposante soit-elle, ne peut s’affranchir du respect de la Constitution.

Leur combat se veut strictement pacifique et légal, limité aux recours prévus par la procédure. Ils appellent le Conseil constitutionnel à jouer pleinement son rôle de garant des institutions et à mettre fin à ce qu’ils qualifient de « forfaiture » menaçant l’équilibre démocratique du pays.

Liste des députés signataires

  • Daouda Dia
  • Aïssata Ousmane Diallo
  • Amadou Diallo
  • Raqui Diallo
  • Mamadou Diaw
  • Salimata Diop Dieng
  • Mbaye Dione
  • Thérèse Faye
  • Barane Fofana
  • Cheikh Omar Hann
  • Birima Mangara
  • Abdou Mbow
  • Fabineta Ndiaye
  • Anta Babacar Ngom
  • Thierno Alassane Sall
  • Maguette Sène
  • Abdoulaye Sylla
  • Tafsir Thioye
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