31 mai 2026

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Détention arbitraire de Mohamed Bazoum au Niger : deux ans d’illégalité

détention arbitraire de Mohamed Bazoum au Niger : deux ans d’illégalité

Les autorités nigériennes maintiennent en détention illégale l’ancien président Mohamed Bazoum depuis deux ans, après son renversement lors d’un coup d’État militaire. Cette situation, dénoncée par plusieurs organisations internationales, soulève de graves questions sur le respect des droits fondamentaux et de l’État de droit dans le pays.

un renversement suivi d’une détention illégale

Le 26 juillet 2023, un groupe d’officiers de l’armée nigérienne, dirigés par le général Abdourahamane Tiani du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a renversé le gouvernement démocratiquement élu de Mohamed Bazoum. Depuis ce jour, l’ancien président et son épouse, Hadiza Bazoum, sont détenus au palais présidentiel de Niamey, sans accès à leur famille ni à leurs avocats. Une situation qualifiée d’arbitraire par de nombreux observateurs.

En 2024, la junte a levé l’immunité présidentielle de Mohamed Bazoum, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires motivées, selon les critiques, par des raisons politiques. En juin 2024, une cour nigérienne a statué contre lui sans respecter les normes internationales de procès équitable, confirmant ainsi les craintes d’un système judiciaire instrumentalisé.

les condamnations internationales se multiplient

Plusieurs instances internationales ont réagi face à cette détention. En décembre 2023, la Cour de justice de la CEDEAO a ordonné la libération immédiate de Mohamed Bazoum, estimant que sa détention était illégale. Pourtant, malgré cette décision, le gouvernement de transition nigérien a choisi de maintenir l’ancien président en détention. En février 2025, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a également conclu que sa détention constituait une violation flagrante des droits humains, exigeant sa libération sans délai.

Les avocats de Mohamed Bazoum, dont Reed Brody, dénoncent une cruauté prolongée : « Il reste privé de tout contact avec ses proches, ses soutiens et ses défenseurs, sans inculpation ni procès équitable. Malgré les appels répétés des instances internationales, il reste otage d’une junte déterminée à étouffer toute opposition. »

une junte accusée de répression généralisée

La détention de Mohamed Bazoum s’inscrit dans un contexte plus large de répression politique au Niger. Depuis le coup d’État, la junte a ciblé l’opposition, les militants pacifiques et les médias, retardant délibérément la transition vers un régime civil. Les observateurs craignent que cette stratégie ne vise à consolider indéfiniment le pouvoir militaire, au mépris des engagements démocratiques.

Ilaria Allegrozzi, chercheuse spécialiste du Sahel, résume la situation : « Chaque jour supplémentaire passé en détention éloigne le Niger un peu plus de la démocratie. Les autorités nigériennes doivent comprendre le message désastreux que cette détention envoie non seulement à leur population, mais aussi au reste du monde. »

que réserve l’avenir pour Mohamed Bazoum ?

Alors que la date du procès de Mohamed Bazoum n’a toujours pas été fixée, les incertitudes persistent. Les organisations de défense des droits humains appellent à sa libération immédiate, tandis que la junte semble déterminée à poursuivre ses ambitions politiques, au détriment des droits fondamentaux. La communauté internationale, quant à elle, continue de surveiller de près l’évolution de cette crise qui secoue le Niger.

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