31 mai 2026

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Crimes de guerre au Mali : l’armée et Wagner ciblent les peuls

crimes de guerre au Mali : l’armée et Wagner ciblent les peuls

des exécutions sommaires et disparitions forcées depuis janvier 2025

Depuis le début de l’année 2025, l’armée Malienne et ses alliés du groupe Wagner, soutenus par la Russie, sont accusés d’avoir perpétré des dizaines d’exécutions sommaires et de disparitions forcées ciblant spécifiquement des hommes de l’ethnie peule. Ces actes s’inscrivent dans le cadre d’opérations militaires menées contre des groupes armés islamistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

Les soldats maliens et les mercenaires de Wagner justifient ces violences en accusant la communauté peule de collaborer avec ces groupes armés. Ces allégations, bien que non étayées, ont plongé des milliers de civils dans une situation de danger extrême.

des témoignages accablants et des preuves accréditant les abus

Une enquête approfondie menée entre février et mai 2025 a permis de recueillir des témoignages de 29 personnes, dont des témoins oculaires, des chefs de communauté, des activistes et des représentants d’organisations internationales. Les conclusions sont alarmantes :

  • Au moins 12 exécutions sommaires et 81 disparitions forcées d’hommes peuls ont été recensées depuis janvier 2025.
  • Des villageois ont été exécutés sommairement, comme à Belidanédji (Ségou) où six civils peuls ont été tués alors qu’ils tentaient de fuir.
  • Des maisons ont été incendiées et des biens détruits, comme à Kobou (région de Tombouctou), où 30 habitations ont été réduites en cendres.
  • Des détentions au secret et des tortures ont été documentées, notamment à Sebabougou (Kayes), où 65 éleveurs peuls ont été arrêtés avant de disparaître.

Les Nations Unies ont corroboré certaines de ces informations, confirmant notamment l’exécution présumée de dizaines de personnes à Sebabougou en avril 2025.

une responsabilité partagée entre Bamako et Moscou

Les autorités maliennes, sous le joug de la junte militaire, sont pointées du doigt pour leur inaction face à ces exactions. Malgré les appels répétés à la transparence, aucun responsable n’a été inquiété. La junte est désormais tenue pour responsable des crimes commis par l’armée comme par les mercenaires de Wagner.

La Russie, via le groupe Wagner puis son successeur l’Africa Corps, a également joué un rôle central dans ces opérations. Bien que les autorités russes aient reconnu la présence de Wagner au Mali, les autorités maliennes continuent de nier toute implication de mercenaires étrangers.

Les experts soulignent que ces violations graves du droit international humanitaire pourraient constituer des crimes de guerre. L’article 3 commun aux Conventions de Genève et la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées sont clairement bafoués.

l’urgence d’une action internationale

Face à l’ampleur des exactions et à l’impunité qui règne au Mali, l’Union africaine (UA) est appelée à intensifier ses efforts pour protéger les civils. Plusieurs pistes sont envisagées :

  • Soutenir les enquêtes indépendantes sur les abus commis par toutes les parties en conflit.
  • Faire pression sur la junte militaire pour qu’elle engage des poursuites équitables contre les responsables.
  • Accorder des réparations aux familles des victimes et garantir l’accès à la justice.
  • Renforcer la protection des civils dans un contexte où la mission de maintien de la paix de l’ONU a quitté le pays en 2023, à la demande des autorités maliennes.

Le retrait du Mali de la CEDEAO en janvier 2025 prive également les victimes d’un recours régional, ce qui rend l’intervention de l’UA encore plus cruciale.

contexte : un conflit aux racines profondes

Depuis 2012, le Mali est en proie à une insurrection islamiste qui a causé la mort de milliers de civils et déplacé plus de 350 000 personnes. La junte militaire, arrivée au pouvoir en 2021, a renforcé sa collaboration avec la Russie pour lutter contre les groupes armés.

Les gouvernements successifs ont souvent associé la communauté peule aux djihadistes, exposant cette ethnie à des violences systémiques. Les groupes armés islamistes, quant à eux, ont historiquement recruté au sein de cette communauté, aggravant les tensions.

Le Mali est également partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), qui enquête depuis 2012 sur les crimes de guerre présumés commis dans le pays. Les responsables des atrocités actuelles pourraient être traduits en justice, que ce soit par la CPI ou par des tribunaux nationaux.

appel à la justice et à la protection des civils

Les experts en droits humains exhortent la communauté internationale à agir sans délai. Les hauts responsables malien et russes doivent être tenus pour responsables des crimes commis par leurs forces. L’UA et la CPI ont un rôle clé à jouer pour mettre fin à l’impunité et protéger les civils, notamment la communauté peule, qui subit de plein fouet les conséquences de ce conflit.

Sans une réponse urgente et coordonnée, le risque de voir ces exactions se poursuivre, voire s’aggraver, reste très élevé.

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