Disparition forcée de militants au Burkina Faso : deux défenseurs portés disparus
Disparition forcée de deux militants des droits humains au Burkina Faso : Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo introuvables
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains alerte sur la disparition inquiétante de deux figures engagées du mouvement « Balai citoyen » au Burkina Faso. Depuis fin mars 2025, Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du mouvement, et Amadou Sawadogo, cadre régional, sont portés disparus après avoir été ciblés par les autorités.
Contexte des disparitions : des militants harcelés pour leurs prises de parole
Les deux hommes, connus pour leur engagement en faveur de la justice sociale et de l’État de droit, ont été victimes d’une répression croissante. Amadou Sawadogo a été interrogé à deux reprises par le service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou, contraint de révéler les domiciles d’autres militants. Après sa deuxième convocation le 21 mars 2025, il a disparu sans laisser de trace. Miphal Ousmane Lankoandé, enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile à Ouagadougou, a été intercepté par des hommes armés se présentant comme des gendarmes. Malgré les démarches de leurs avocats, aucune information n’a été communiquée sur leur localisation.
Ces événements s’inscrivent dans un climat de répression systématique contre les défenseurs des droits humains et les journalistes au Burkina Faso. Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du Balai citoyen, a subi un traitement similaire : arrêté arbitrairement en janvier 2024, il est actuellement détenu pour des accusations jugées infondées. D’autres militants, comme Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, ont été enrôlés de force dans l’armée malgré une décision de justice les protégeant.
Une stratégie de musellement orchestrée par les autorités
Les disparitions de Lankoandé et Sawadogo s’ajoutent à une liste alarmante de militants et journalistes portés disparus depuis 2024. Parmi eux :
- Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, enlevés le 24 mars 2025 ;
- Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama, disparus entre juin 2024 et juin 2025.
L’Observatoire souligne que ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie délibérée pour étouffer toute critique. Les décrets de 2022 et 2023, autorisant la réquisition forcée de citoyens, sont utilisés pour cibler les opposants. Le Comité des Nations unies contre les disparitions forcées a déjà exprimé ses craintes quant à l’application de ces textes, qualifiant certaines mesures de « disparaitions forcées ».
Appel à l’action : exiger la libération des militants et la fin des répressions
Face à cette situation critique, l’Observatoire exige des autorités burkinabè :
- La révélation immédiate du sort et de la localisation des deux militants disparus ;
- La libération sans condition de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo ;
- L’arrêt des disparitions forcées et de l’enrôlement arbitraire des défenseurs ;
- La protection des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux engagements internationaux du Burkina Faso.
Contacts des autorités à interpeller
Pour faire entendre vos demandes, adressez-vous aux responsables suivants :
- Capitaine Ibrahim Traore, Président de la Transition : @CapitaineIb22 ;
- Jean-Emmanuel Ouédraogo, Premier Ministre : @J_E_Ouedraogo ;
- Me Edasso Rodrigue Bayala, Ministre de la Justice : [email protected] ;
- Jean Marie Karamoko Traore, Ministère des Affaires étrangères : [email protected] ;
- Commission nationale des droits humains du Burkina Faso : [email protected].
Il est également recommandé de contacter les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays.
Comment agir pour soutenir les militants disparus ?
L’Observatoire invite le public à relayer cet appel en écrivant aux autorités et en partageant l’information sur les réseaux sociaux. Chaque action compte pour faire pression en faveur de la libération des deux défenseurs et de la fin des exactions.
Pour signaler toute information ou recevoir des mises à jour, contactez la Ligne d’Urgence :
- 📧 [email protected] ;
- 📞 +33 1 43 55 25 18 (FIDH) ;
- 📞 +41 22 809 49 39 (OMCT).