2 septembre 2026

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Dialogue national en rdc : les ambitions de Félix Tshisekedi pour un Congo refondé

Dans un discours solennel prononcé le 27 août 2024, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a annoncé le lancement d’un dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Une initiative présentée comme une réponse structurelle aux multiples crises qui bouleversent le pays depuis des années.

Contrairement aux précédents dialogues politiques organisés en RDC, celui-ci se veut ancré dans les réalités territoriales. Il débutera non pas à Kinshasa, mais au cœur des 26 provinces congolaises, afin de recueillir les voix de toutes les communautés et de tous les acteurs locaux.

Félix Tshisekedi s'exprimant lors d'une conférence de presse à Paris

Un dialogue ancré dans les provinces : une première en RDC

Félix Tshisekedi a souligné que ce processus serait conçu par les Congolais et pour les Congolais. L’objectif ? Identifier les causes profondes des crises récurrentes qui minent la stabilité de la RDC.

Le chef de l’État a détaillé le déroulement du dialogue : une série de consultations provinciales réunira élus nationaux et locaux, partis politiques (majorité et opposition), société civile, chefs coutumiers, leaders religieux, acteurs économiques et académiques. Chaque province devra établir un diagnostic précis des défis auxquels elle fait face : insécurité, conflits fonciers, tensions communautaires, dysfonctionnements administratifs, inégalités, blocages au développement et réformes nécessaires.

Rues animées de Goma, ville de l'est de la RDC

Les conclusions de ces forums locaux nourriront ensuite les assises nationales prévues à Kinshasa. Félix Tshisekedi a fixé une durée maximale de trois mois pour l’ensemble du processus. À l’issue des travaux, un pacte national devrait être adopté, accompagné d’un mécanisme permanent de suivi des engagements.

Deux ordonnances pour encadrer le processus

Le président a annoncé la signature prochaine de deux ordonnances présidentielles. La première créera un comité d’organisation chargé des aspects logistiques et matériels du dialogue. La seconde convoquera officiellement le processus et précisera les règles de représentation, les étapes clés et les instances de suivi des recommandations.

Ces mesures visent à garantir la transparence et l’efficacité du dialogue, tout en évitant les écueils des initiatives passées.

Les lignes rouges de Félix Tshisekedi

Le chef de l’État a clairement défini les limites qu’il refuse de franchir. Premier point non négociable : le dialogue ne doit pas être un outil de partage du pouvoir. « Nous avons trop souvent répondu aux crises par des compromis politiques au détriment de la consolidation de l’État », a-t-il rappelé.

Autres principes intangibles :

  • Respect de l’ordre constitutionnel issu des élections de 2023 ;
  • Exclusion des groupes armés des discussions, même si Félix Tshisekedi a réaffirmé que le dialogue national ne se substituerait pas aux négociations diplomatiques en cours, comme celles menées avec l’AFC/M23.

Le président a insisté : « Nul ne sera exclu pour ses opinions, son origine ou sa religion, mais nul ne peut prétendre siéger à la table nationale tout en prenant les armes contre elle ».

Félix Tshisekedi lors d'un discours public

Réactions de l’opposition : un dialogue jugé insuffisant

Plusieurs figures de l’opposition ont réagi avec scepticisme au discours présidentiel.

Claudel Lubaya, opposant et ancien député, a qualifié l’initiative de « rendez-vous manqué avec l’histoire ». Il a critiqué l’absence de hauteur de vue et de réponses à la mesure de la crise, estimant que le dialogue proposé servirait davantage les intérêts du pouvoir en place qu’un véritable espace de concertation.

Christian Mwando Nsimba Kabulo, député du parti Ensemble pour la République, a quant à lui évoqué une « vaste kermesse » incapable de résoudre le conflit. Il a souligné l’absence du terme « inclusif » dans le discours présidentiel, alors que cette notion était au cœur des discussions précédentes sur un dialogue national.

Christian Mwando Nsimba Kabulo, figure de l'opposition

À l’inverse, Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), a salué le refus d’un partage du pouvoir et la volonté de favoriser la participation citoyenne. Il a toutefois appelé à la vigilance pour s’assurer que les promesses présidentielles ne restent pas lettre morte.

Un test politique pour Félix Tshisekedi

Ce dialogue national intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays et de tensions politiques internes. Pour le pouvoir, l’enjeu est de convaincre les acteurs nationaux que ce processus peut aboutir à des résultats tangibles.

Pour l’opposition, la question reste entière : ce dialogue sera-t-il un véritable cadre de concertation ou une initiative pilotée par le camp présidentiel ? Les prochaines ordonnances, attendues sous peu, devraient éclairer la composition du comité préparatoire et les modalités de participation aux assises.

Militants du parti présidentiel UDPS en soutien à Félix Tshisekedi
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