13 mai 2026

Échec d’un coup d’État au Bénin : le président Patrice Talon reste au pouvoir

Le pouvoir de Patrice Talon a vacillé mais n’est pas tombé. Ce dimanche 7 décembre, à l’aube, le Bénin a été le théâtre d’une tentative de putsch avortée. Un groupe de militaires mutins a brièvement investi les locaux de la télévision nationale, la SRTB à Cotonou, pour annoncer la destitution du chef de l’État. Cependant, le président de 67 ans, dont le second mandat doit s’achever en avril 2026, a été rapidement mis en sécurité. Les forces loyalistes ont repris le contrôle des points névralgiques de la capitale économique, qui a passé la journée sous une surveillance aérienne et terrestre intense.

Cet événement marque une rupture brutale pour le Bénin, pays qui n’avait plus connu de renversement de pouvoir par la force depuis l’ascension de Mathieu Kérékou en 1972. Lors d’une intervention télévisée le soir même, Patrice Talon a qualifié ces actes de « trahison d’une gravité extrême », tout en promettant des sanctions sévères. Il a également révélé que des otages étaient toujours aux mains de mutins en cavale.

Un bilan humain et des arrestations

L’assaut a laissé des traces sanglantes. À Abomey-Calavi, l’épouse du général Bertin Bada, figure clé de l’appareil militaire présidentiel, a perdu la vie lors de l’attaque de leur domicile. Sa fille a également été blessée par balles. Sur le plan judiciaire, une douzaine de militaires, dont certains radiés des effectifs, ont déjà été interpellés par les autorités sécuritaires.

Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a tenu à rassurer la population en affirmant que les Forces armées béninoises étaient restées majoritairement fidèles aux institutions républicaines. Son homologue des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a minimisé l’ampleur de la sédition, parlant d’un « petit groupe » isolé.

Les revendications du Comité militaire pour la refondation

L’insurrection a été menée au nom du lieutenant-colonel Pascal Tigri, qui a proclamé la création d’un « Comité militaire pour la refondation ». Dans un message enregistré sous la contrainte par le personnel de la télévision, les mutins ont annoncé la suspension de la Constitution et des institutions. Ils justifiaient leur action par une volonté de dénoncer la gouvernance de Patrice Talon, citant notamment des lois jugées liberticides, l’exil de certains opposants et des arrestations politiques.

La riposte a été immédiate. Des affrontements ont éclaté près du port et de la marina. Pour stabiliser la situation, le gouvernement a sollicité l’appui du Nigeria, qui a dépêché des troupes et des avions de chasse pour sécuriser les sites stratégiques et les camps militaires.

Une condamnation internationale et un climat tendu

La CEDEAO et l’Union africaine ont fermement condamné cette atteinte à l’ordre constitutionnel. En réponse, la CEDEAO a ordonné le déploiement de sa Force en attente, composée de contingents du Nigeria, du Sénégal, de Côte d’Ivoire et du Ghana, afin de protéger le gouvernement légitime du Bénin.

Ce coup de force intervient dans un climat politique électrique, à l’approche de l’élection présidentielle d’avril. Alors que Patrice Talon se prépare à passer le flambeau à son dauphin désigné, Romuald Wadagni, les récentes réformes constitutionnelles et l’exclusion de certaines figures de l’opposition continuent de diviser profondément le pays. En parallèle, le Bénin fait face à une menace sécuritaire persistante dans le nord, où les attaques djihadistes ont récemment coûté la vie à de nombreux soldats.

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