31 juillet 2026

Africa Solidaire

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Frappes aériennes au Mali : l’Africa Corps et le drame des civils à kyrnia

Huit civils, dont trois enfants, tués lors d’une attaque illégale

Dans l’après-midi du 15 juin 2026, un avion de combat Soukhoï Su-24, identifié comme appartenant à l’Africa Corps — un groupe militaire sous contrôle russe — a largué deux munitions sur le village de Kyrnia, situé dans la région de Mopti, au centre du Mali. Cette attaque, qualifiée d’illégale, a entraîné la mort de huit civils, dont trois enfants, et blessé plusieurs autres personnes. Aucun combattant de groupes armés n’a été touché lors de cet événement tragique.

Des victimes innocentes dans un village sous tension

La première munition a frappé la résidence du chef du village, tuant deux de ses enfants, sa femme et un autre enfant, tout en blessant une femme. La deuxième a touché un marché aux bestiaux à proximité, faisant quatre morts et deux blessés parmi les commerçants et éleveurs présents. Selon les témoignages recueillis, aucun signe de présence de combattants n’a été observé sur les lieux des frappes.

Les habitants ont décrit une scène de chaos : des étals détruits, des animaux déchiquetés et des bâtiments effondrés. Un éleveur de vaches a relaté avoir vu une « boule de feu » avant de se réfugier sous un arbre pour se protéger. Un autre témoin a évoqué des corps projetés sur les toits et des membres déchiquetés, confirmant la violence extrême de l’attaque.

Une présence militaire russe controversée

Depuis 2021, le gouvernement malien s’appuie sur le soutien du groupe Wagner, désormais rebaptisé Africa Corps après la mort d’Evgueni Prigojine en 2023, pour renforcer sa lutte contre les groupes armés islamistes. En 2020 et 2021, la junte dirigée par le général Assimi Goïta a expulsé les forces françaises et onusiennes, se tournant vers la Russie pour sécuriser le territoire.

Le ministère russe de la Défense a officiellement reconnu en juin 2026 l’engagement de militaires russes aux côtés des forces maliennes, notamment pour contrer les attaques du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda. Les Su-24 russes sont déployés au Mali depuis avril 2025, bien qu’aucun transfert officiel de ces appareils n’ait été documenté.

Un village sous surveillance avant l’attaque

Des témoins ont rapporté avoir observé un drone survoler Kyrnia la veille des frappes, suggérant une surveillance préalable du village. Le jour du marché, Kyrnia était particulièrement animé, avec des centaines de commerçants et d’acheteurs présents. Le GSIM, qui contrôle la région depuis six ans, utilise régulièrement ce marché pour ses approvisionnements en carburant et en nourriture.

Cependant, les frappes n’ont pas ciblé les zones où se trouvaient les combattants du GSIM, principalement rassemblés à la mosquée ou devant un magasin voisin. Les victimes étaient des civils, dont des marchands circulant en tricycle ou des habitants vaquant à leurs occupations.

Des violations flagrantes du droit international

Selon les experts, ces frappes constituent des attaques indiscriminées, interdites par le droit de la guerre. Les parties belligérantes doivent prendre toutes les précautions pour éviter de nuire aux civils. La résidence du chef du village, bien que suspectée de liens avec le GSIM, ne pouvait être légitimement ciblée sans preuve d’utilisation militaire.

Human Rights Watch a recueilli les témoignages de 19 personnes, analysé des images satellites et géolocalisé les impacts des bombes. Aucune réponse n’a été obtenue après l’envoi d’un courrier au ministère russe de la Défense, posant des questions sur ces frappes.

Une junte malienne responsable ?

Les autorités maliennes sont tenues d’enquêter sur cet incident et de demander des comptes aux responsables, y compris ceux d’Africa Corps. Les violations du droit de la guerre ne peuvent être ignorées, même si elles sont commises par des alliés étrangers.

« Le gouvernement malien ne peut se cacher derrière les violations commises par ses alliés russes. La junte doit agir pour mettre fin à ces abus », a déclaré une chercheuse spécialiste du Sahel. Les familles des victimes attendent justice, tandis que le village de Kyrnia reste marqué par cette tragédie.

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