14 juin 2026

Africa Solidaire

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Gabon : Dieudonné Minlama alerte sur la dérive du mandat présidentiel

Après des mois de discrétion, Dieudonné Minlama Mintogo brise le silence pour livrer une analyse qui promet de relancer les débats au sein de l’échiquier politique gabonais. Dans un entretien marquant, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 adresse un avertissement solennel aux nouvelles autorités : la plus grande menace pour la stabilité du Gabon ne réside ni dans l’économie ni dans les institutions, mais dans une dérive politique dangereuse.

Selon lui, le risque majeur est de réduire le mandat historique obtenu par Brice Clotaire Oligui Nguema à une simple victoire partisane. Une perspective qui, selon Minlama, pourrait fragiliser les fondements mêmes de la Ve République.

Un scrutin exceptionnel, un mandat national

Le président gabonais a remporté l’élection présidentielle d’avril 2025 avec un score historique dépassant 94 % des voix. Pour Dieudonné Minlama, ce résultat ne reflète pas uniquement la force d’un parti ou d’une idéologie, mais bien l’expression d’un espoir collectif né du 30 août 2023 et consolidé lors du retour à l’ordre constitutionnel. « Le plus grand danger serait de transformer ce mandat populaire en un outil au service d’une seule formation politique », souligne-t-il avec gravité.

Cette mise en garde repose sur une crainte précise : celle de voir s’installer une gouvernance à deux vitesses, où une minorité de décideurs s’approprierait les leviers du pouvoir au détriment de l’ensemble des Gabonais.

Transcender les clivages pour un Gabon uni

Dieudonné Minlama rappelle que la Transition a bénéficié du soutien d’une mosaïque de sensibilités politiques, toutes unies par un objectif commun : tourner définitivement la page des divisions du passé. Cette dynamique de rassemblement, selon lui, constitue le socle de la légitimité exceptionnelle dont jouit désormais Brice Clotaire Oligui Nguema.

Pour l’ancien opposant, le défi des années à venir sera de préserver cet élan unitaire en construisant une gouvernance inclusive, capable d’intégrer les divers talents du pays sans distinction d’appartenance politique. Une telle approche permettrait d’éviter que la Ve République ne devienne le théâtre d’exclusions ou de marginalisations.

94 % des voix : un mandat à honorer, pas à exploiter

Au cœur du message de Minlama se trouve une idée forte : le score record obtenu par le président gabonais n’est pas un simple atout politique à mobiliser, mais une responsabilité historique à porter. Pour lui, l’enjeu n’est pas de capitaliser sur cette victoire, mais de la mettre au service de tous les Gabonais.

« La véritable force d’un dirigeant réside dans sa capacité à incarner l’unité nationale, et non dans l’exclusion », insiste-t-il. Son appel à la vigilance résonne comme un rappel : les 94 % des suffrages ne sont pas un chèque en blanc, mais un engagement à honorer envers l’ensemble de la nation.

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