Gabon : l’insulte contre les mères et épouses du pouvoir, une ligne rouge à ne pas franchir
Les propos injurieux proférés à l’encontre du président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, de sa mère et de son épouse, ont provoqué une réaction sans ambiguïté de la part de Hugues Ongoundou. Dans une prise de position sans concession, il dénonce une dérive grave, sans pour autant y voir une simple question de soutien au pouvoir ou d’adhésion à sa politique. Pour lui, la cible de ces attaques dépasse largement les individus concernés : elle touche au respect dû aux mères, aux épouses et aux parents, des figures souvent éloignées des polémiques politiques.
Ce qu’il qualifie d’insalubrité verbale et de banalisation de l’obscénité dans l’espace public gabonais le pousse à tracer une frontière nette entre la liberté de critique et la vulgarité. Il envisage même des recours juridiques pour endiguer ce phénomène. « Ces insultes m’ont laissé sans voix. Elles ne relèvent pas de la politique, mais de l’atteinte aux valeurs fondamentales de notre société », déclare-t-il.
Les mères, épouses et grands-mères : des cibles symboliques
Hugues Ongoundou insiste sur le caractère inacceptable de ces attaques, qui ne visent pas seulement des personnes, mais des symboles universels. « Lorsque la mère d’un dirigeant est publiquement humiliée pour le simple fait d’être sa génitrice, une limite fondamentale est franchie », explique-t-il. Selon lui, ce n’est pas seulement le Chef de l’État, sa famille ou son épouse qui sont attaqués, mais toutes les mères, toutes les épouses et toutes les femmes du Gabon, dont l’image se trouve salie.
Il rappelle que ces figures incarnent des valeurs essentielles : la transmission, la mémoire et le respect. « La mère représente la vie, la grand-mère la sagesse des générations passées, et la femme une part incontournable de la société. Les insulter, c’est saper les fondements mêmes de notre cohésion sociale », martèle-t-il.
Un symptôme d’une société en crise morale
Pour Ongoundou, ces dérives ne sont pas de simples polémiques sur les réseaux sociaux. Elles reflètent un mal plus profond, celui d’une nation en souffrance, où les repères traditionnels s’effritent. « Autrefois, le respect des aînés, le sens de l’honneur et la considération envers les parents faisaient partie de l’éducation civique. Aujourd’hui, une partie de cet héritage semble s’être dissoute », observe-t-il.
Il alerte sur une inversion des valeurs inquiétante : dans certains milieux, l’insulteur devient une figure populaire, tandis que ceux qui construisent sont ignorés. « Lorsqu’une insulte devient un divertissement, une marchandise médiatique, c’est la vertu qui recule », souligne-t-il. Chaque rire ou partage de ces propos participe à leur banalisation, et donc à l’affaiblissement collectif.
L’activisme n’est pas la vulgarité
L’auteur de la tribune rappelle qu’être opposant politique ne donne pas tous les droits. « La liberté d’expression ne signifie pas irresponsabilité », insiste-t-il. Il distingue clairement entre une critique argumentée et l’humiliation gratuite. « On peut contester, manifester ou dénoncer avec fermeté, mais insulter une mère ou une épouse n’est ni un argument, ni un acte de courage », précise-t-il.
Il salue ceux qui, au Gabon, savent mener une opposition responsable, sans franchir ces lignes rouges. « Des hommes et des femmes qui combattent une politique avec des idées, sans s’attaquer aux familles », souligne-t-il. Pour lui, le débat démocratique doit reposer sur l’intelligence et la contradiction, non sur l’obscénité.
Une responsabilité citoyenne et personnelle
Face à cette situation, Hugues Ongoundou annonce qu’il engagera des démarches juridiques pour examiner les recours possibles contre ces propos. « Je ne parle pas au nom du pouvoir, mais en tant que Gabonais, citoyen et fils », précise-t-il. Son objectif n’est pas de faire taire la critique, mais de rétablir un débat public où le respect et la dignité reprennent leur place.
Il conclut en appelant chacun à assumer ses responsabilités : « Je refuse que nos mères deviennent des cibles, que nos épouses soient humiliées ou que nos pères soient insultés à cause de leurs enfants. Nous ne pouvons pas construire une société où la vulgarité est récompensée et où la vertu est ignorée ».
Pour Ongoundou, la survie d’une nation passe aussi par le respect de ses valeurs morales. « Lorsque nous insultons la mère de l’autre, c’est notre propre mère que nous atteignons. Et quand un peuple ne protège plus ses repères, il perd son âme ».
Hugues Ongoundou