Gabon : oligui nguema engage 25 milliards de fcfa pour l’autonomie agricole
Lors d’un entretien franc publié le 24 juin 2026 par un hebdomadaire panafricain, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a fermement dénoncé la dépendance alimentaire du pays. Il a présenté une stratégie ambitieuse et chiffrée visant à restaurer la souveraineté agricole du Gabon d’ici 2030.
Le diagnostic est sans appel : le Gabon importe aujourd’hui 80 % de sa nourriture. Le chef de l’État qualifie cette situation d’« aberration », s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles un territoire de 270 000 km², riche de terres fertiles et largement inexploitées, en est arrivé là.
Pour inverser la tendance, le gouvernement de Libreville mise sur une volonté politique renouvelée et des investissements conséquents. L’objectif est de sortir définitivement de l’immobilisme.
Le choc de 2027 : viande, lait et volaille locale
Afin de concrétiser cette vision, la présidence passe à l’action avec des mesures immédiates et à moyen terme. La première concerne la filière élevage, avec l’introduction de 12 000 têtes de bovins pour stimuler la production de viande et de lait.
Le secteur avicole est également au cœur de la réforme. Une décision radicale a été prise : l’interdiction totale des importations de poulet de chair à partir du 1er janvier 2027. Pour accompagner cette transition, un programme de soutien aux éleveurs locaux sera mis en place. Parallèlement, le développement des cultures vivrières sera généralisé dans chaque province, afin que toutes les régions participent à l’effort national.
25 milliards de FCFA pour le capital humain
Au-delà des annonces, cette transformation repose sur la formation aux techniques agricoles modernes et sur un soutien financier sans précédent. Brice Clotaire Oligui Nguema a ainsi annoncé la création d’un fonds spécial de 25 milliards de francs CFA, géré par la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG). Cette enveloppe sera exclusivement destinée aux agriculteurs, aviculteurs et pêcheurs.
« Le Gabon a les moyens de se nourrir lui-même. Ce qui manquait, c’était la volonté politique et l’investissement. Nous mettons les deux sur la table », a déclaré le président.
L’objectif final est ambitieux : réduire de 50 % la dépendance alimentaire du Gabon d’ici 2030. Un défi colossal qui, s’il est relevé, pourrait profondément remodeler l’économie et la souveraineté du pays.