11 mai 2026

Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 : le Sénégal face à un défi historique

Les jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 à Dakar : un pari ambitieux pour le Sénégal

Avec moins de six mois avant l’ouverture des jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 à Dakar, le Sénégal s’apprête à écrire une page majeure de son histoire sportive. Ces jeux, initialement prévus en 2022 mais reportés en raison de la pandémie de Covid-19, marqueront un tournant : il s’agira du premier événement olympique organisé sur le continent africain.

Babacar Senghor, coordonnateur du projet des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), devant les plans de la piscine.

Le sommet « Africa Forward », coorganisé par la France et le Kenya, se tient aujourd’hui à Nairobi pour discuter du développement par le sport. Un enjeu qui touche directement le Sénégal, dont la capitale, Dakar, accueillera cet événement d’envergure mondiale à l’automne (du 31 octobre au 13 novembre).

Un comité de veille dédié pour garantir la réussite des JOJ

Ahmadou al-Aminou Lo, ministre d’État chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation Sénégal 2050, supervise activement les préparatifs. Ancien directeur national de la BCEAO (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest), il préside un comité de veille qui se réunit deux fois par mois. Ce groupe rassemble tous les acteurs étatiques, locaux et institutionnels impliqués dans les opérations en cours, avec pour mission de lever les risques liés à la livraison des jeux.

Le ministre résume ainsi l’ampleur de la tâche : « Notre rôle est d’aider à lever tous les risques liés à la livraison des JOJ. L’idée est de faire en sorte que les structures étatiques sénégalaises soient agiles et puissent être au rendez-vous à temps. Je suis l’assurance qualité de ces préparatifs. Avec ces jeux, il en va de l’image du Sénégal et de l’Afrique : c’est une double pression et une responsabilité. Nous avons l’obligation de démontrer que nous sommes capables d’organiser des événements sportifs d’envergure mondiale. »

Un héritage sportif et urbain pour le pays

Les jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 accueilleront 2 700 jeunes athlètes âgés de 17 ans maximum, représentant 25 sports de compétition et 10 sports d’engagement (en démonstration). Au total, 153 épreuves sont prévues, dont 73 masculines, 73 féminines et 7 mixtes. Parmi les infrastructures clés, on compte :

  • Une nouvelle piscine olympique au complexe Tour de l’Œuf, intégrant des technologies d’économie d’eau et d’énergie.
  • Le Stade Iba-Mar-Diop, rénové grâce à un prêt souverain de 80 millions d’euros de l’AFD (Agence française de développement).
  • Douze infrastructures sportives de proximité.

Les travaux, menés par le géant du BTP Sogea-Satom (filiale africaine de Vinci), mobilisent plus de 450 ouvriers. Un premier remplissage-test des bassins est prévu pour le 15 mai, et le complexe sera remis aux autorités du Cojoj (Comité d’organisation des JOJ) le 15 août, soit deux mois et demi avant le début des compétitions.

Un partenariat stratégique avec la France

L’Alliance Dioko, une convention signée en 2019 entre les comités d’organisation français et sénégalais, facilite le partage d’expertise. Trente experts de Paris 2024 ont été intégrés à l’équipe de Dakar 2026, et 419 jeunes ont été formés dans la Learning Academy pour apprendre l’organisation d’événements sportifs. Par ailleurs, l’ambassade de France au Sénégal soutient financièrement des projets comme la rénovation de l’Académie de judo du lycée Lamine Gueye (233 000 euros sur deux ans).

Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal, souligne : « Dans le cadre du partenariat avec le Sénégal, une trentaine d’experts de Paris 2024 ont été intégrés dans l’équipe de Dakar 2026. En organisant les JOP à Paris, nous avons pu constater la force fédératrice d’un tel événement. »

La propreté, première médaille des JOJ

Le ministre Ahmadou al-Aminou Lo a lancé un appel clair : « Notre première médaille sera celle de la propreté. » Le Sénégal mise sur un plan de bataille pour améliorer le cadre de vie, inspiré des résultats de Kigali, capitale du Rwanda, classée première ville la plus propre d’Afrique en 2025. Dakar, actuellement 17e du classement, entend rattraper son retard.

Un héritage durable pour le sport sénégalais

Au-delà des jeux, le Sénégal vise un impact à long terme. Le pays souhaite développer des centres d’excellence sport-études, promouvoir la haute compétition et doubler la contribution du sport à son PIB (actuellement de 15 millions d’euros). L’objectif ? Faire du secteur une industrie clé, notamment dans l’économie du tourisme d’affaires (MICE). Avec une population où la moitié a moins de 19 ans, ces jeux pourraient être un levier de transformation sociale et sportive.

Le défi est de taille, mais les autorités sénégalaises affichent leur détermination : « Le Sénégal sera prêt. »

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