Laurent Gbagbo toujours à la tête du parti en Côte d’Ivoire
Laurent Gbagbo reste leader du parti en Côte d’Ivoire malgré les défis
À près de 81 ans, Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien, a été reconduit à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors de son premier congrès ordinaire. Une décision qui surprend, alors que l’ex-chef d’État avait annoncé fin 2025 son intention de se retirer de la vie politique et de cesser ses fonctions au sein du parti.

Un soutien populaire malgré les difficultés du parti
Malgré les boycotts électoraux et l’absence de représentation parlementaire, le PPA-CI a maintenu sa position en choisissant de reconduire Laurent Gbagbo. L’ex-président, empêché de se présenter à l’élection de 2025 en raison d’une condamnation pénale, a vu son nom écarté des listes électorales. Son parti, n’ayant soutenu aucun candidat, a ensuite boycotté les législatives de décembre 2025, se retrouvant sans député et avec seulement quelques maires.
Pourtant, lors du congrès, des milliers de militants ont acclamé Laurent Gbagbo à son arrivée au Palais des congrès de Treichville à Abidjan. « Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaude, je vous remercie », a-t-il déclaré avant de promettre un discours plus détaillé le lendemain à Songon, dans le sud du pays.
Des tensions internes et des décisions controversées
La reconduction de Laurent Gbagbo s’accompagne de mesures disciplinaires envers certains membres du parti. Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à l’élection présidentielle de 2025 contre l’avis du PPA-CI, a été exclu. Stéphane Kipré, élu député en indépendant lors des législatives, a écopé d’une suspension de 18 mois pour avoir participé au scrutin malgré l’interdiction du parti.
Le parti traverse une période de profonde division. Plusieurs figures historiques de la gauche ivoirienne, comme son ex-épouse Simone Ehivet Gbagbo, Charles Blé Goudé ou Pascal Affi N’Guessan, ont rompu avec le PPA-CI, affaiblissant encore davantage son influence.
Quel avenir pour Laurent Gbagbo en politique ?
Le destin politique de Laurent Gbagbo dépend désormais de sa réinscription sur les listes électorales, condition sine qua non pour une éventuelle candidature future. Une telle démarche nécessiterait une amnistie de la part du président Alassane Ouattara, qui a pris les rênes du pays en 2011 après une crise post-électorale marquée par de violents affrontements entre leurs camps respectifs.
En attendant, le leader historique du PPA-CI continue de mobiliser ses partisans, tout en naviguant dans un paysage politique ivoirien de plus en plus fragmenté.