15 mai 2026

Mali : le GSIM doit cesser le blocus de Bamako sous peine de violations graves

Mali : le GSIM doit cesser le blocus de Bamako et protéger les civils

L’imposition d’un blocus de Bamako par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) aggrave la crise humanitaire dans la capitale malienne. Cette mesure, en place depuis le 28 avril, entrave gravement la liberté de circulation des habitant·e·s et menace leur sécurité alimentaire, leur accès à l’eau potable ainsi qu’à des soins médicaux vitaux. Ces restrictions, si elles persistent, pourraient provoquer des violations massives des droits humains, mettant en péril des vies innocentes.

Le GSIM, affilié à Al-Qaïda, a justifié ce blocus par des motifs stratégiques, mais ses conséquences dépassent largement les objectifs militaires. Trois des six axes routiers principaux reliant Bamako aux ports régionaux sont désormais impraticables, privant la population d’approvisionnements essentiels. Les prix des denrées de première nécessité flambent, et les civil·e·s subissent une pression insoutenable.

Une attaque illégale contre des civils a été signalée le 6 mai : un convoi de camions transportant des fruits, non escorté par l’armée et exempt de matériel militaire, a été pris pour cible. Ces véhicules, utilisés à des fins purement civiles, ne peuvent en aucun cas être considérés comme des cibles légitimes selon le droit international humanitaire.

Le blocus de Bamako viole le droit international humanitaire

Le droit international humanitaire interdit toute attaque dirigée contre des civil·e·s ou des biens à caractère civil, y compris les infrastructures vitales pour la survie des populations. Le GSIM, en bloquant l’accès à Bamako, enfreint ces principes fondamentaux. Les Nations unies ont d’ailleurs rappelé, dès le 5 mai, l’urgence de mettre fin aux combats et de garantir la protection des civil·e·s.

Contrairement au blocus de septembre 2025, qui ciblait uniquement les camions-citernes de carburant, cette nouvelle mesure touche l’ensemble des marchandises entrant dans la capitale. Les habitant·e·s de Bamako subissent les répercussions de cette stratégie, avec des pénuries croissantes et une dégradation rapide de leurs conditions de vie.

Les déclarations du GSIM, évoquant un assouplissement du blocus pour les personnes nécessitant des soins médicaux, n’ont pu être vérifiées à ce jour. La population reste donc en proie à une incertitude totale, tandis que les besoins humanitaires s’intensifient.

Témoignages accablants : une attaque meurtrière contre des civils

Un survivant d’une attaque précédente a partagé son récit terrifiant. En janvier 2026, un convoi de camions-citernes sous escorte militaire a été pris en embuscade entre Diboli et Kayes. Les assaillants, estimés à plus de deux cents, ont ouvert le feu sur les véhicules avant d’incendier les camions militaires venus en renfort. Douze chauffeurs et apprentis ont été capturés, contraints de creuser des tombes pour leurs victimes, puis exécutés sommairement. Ces actes constituent des crimes de guerre au regard du droit international.

Le droit humanitaire exige que toutes les parties au conflit protègent les civil·e·s et s’abstiennent de toute attaque indiscriminée. Le GSIM doit immédiatement cesser ces exactions et permettre l’accès des organisations humanitaires aux zones affectées.

Les autorités maliennes ont l’obligation d’enquêter sur ces violations graves et de garantir que les responsables répondent de leurs actes. Les victimes et leurs familles méritent vérité, justice et réparations.

Contexte : une escalade de la violence au Mali

Depuis fin avril, le GSIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont multiplié les attaques simultanées dans plusieurs villes, dont Bamako, Kati, Mopti et Gao. Ces assauts, visant des camps militaires et des résidences de personnalités, ont plongé le pays dans une instabilité chronique. À Kati, l’attentat contre le domicile du ministre de la Défense a coûté la vie à plusieurs membres de sa famille, illustrant l’ampleur de la menace.

Dans le centre du Mali, les villages de Kori Kori et Gomassagou ont été la cible d’attaques dévastatrices, faisant au moins 40 morts et de nombreux disparus. Ces violences, qui s’ajoutent au blocus de Bamako, soulignent l’urgence d’une réponse internationale coordonnée pour protéger les populations civiles.

Le respect du droit humanitaire doit primer sur toute stratégie militaire. La communauté internationale appelle le GSIM à lever immédiatement le blocus et à mettre fin à ses attaques contre les civil·e·s. La survie de milliers de Malien·ne·s en dépend.

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