Le Gabon et le Tchad unissent leurs forces pour faire de l’eau une priorité africaine
Le Gabon et le Tchad s’engagent ensemble pour une souveraineté hydraulique en Afrique

N’Djamena, juillet 2026 — Le Forum africain de l’eau, tenu dans la capitale tchadienne, marque un tournant dans la perception de l’eau comme enjeu stratégique pour le continent. Sous le thème De la vision à l’action, cette rencontre réunissait des dirigeants africains déterminés à transformer les engagements en infrastructures concrètes.
Le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, accueilli à l’aéroport international Hassan Djamous par les autorités tchadiennes, incarne cette volonté de placer l’eau au cœur des politiques publiques. Son déplacement s’inscrit dans une démarche où le Gabon, malgré ses ressources hydrauliques abondantes, cherche à moderniser ses réseaux pour répondre aux besoins croissants de sa population.
Organisé conjointement par le Tchad et le Groupe de la Banque mondiale, ce forum a révélé une prise de conscience collective : l’accès à l’eau potable n’est plus une question sanitaire isolée, mais un pilier de la stabilité économique et sociale. Avec près de 9% des ressources mondiales en eau douce, l’Afrique fait face à un paradoxe criant : des millions de citoyens privés d’eau potable alors que le continent possède un potentiel hydrique immense.
Les débats ont souligné que les infrastructures hydrauliques — barrages, stations de traitement, réseaux de distribution — doivent devenir des priorités absolues. Sans elles, ni développement agricole, ni industrialisation durable, ni sécurité alimentaire ne peuvent être assurés. L’eau est désormais une frontière géopolitique, où se joueront les équilibres futurs du continent.
Le Gabon en première ligne pour une gestion transnationale de l’eau
La participation du Chef de l’État gabonais reflète une stratégie claire : inscrire les réformes nationales dans une dynamique régionale. Le Gabon, conscient que les défis hydriques transcendent les frontières, mise sur le partage d’expériences et la mobilisation de financements internationaux. Les besoins, estimés en dizaines de milliards de dollars par an, nécessitent une collaboration étroite entre États, bailleurs de fonds et secteur privé.
Le Groupe de la Banque mondiale, co-organisateur du forum, a insisté sur la nécessité d’accélérer les investissements dans des projets visibles et durables. Barrages, systèmes d’assainissement et technologies innovantes doivent être déployés rapidement pour éviter une crise hydrique aux conséquences désastreuses. Le thème du forum n’est pas anodin : il s’agit de passer des discours aux actes.
Vers une nouvelle architecture de la sécurité africaine
Les experts présents à N’Djamena ont rappelé que les futures tensions ne concerneront plus seulement les hydrocarbures ou les minerais, mais aussi l’eau. Le contrôle et la préservation de cette ressource deviennent des enjeux de souveraineté. Le Forum africain de l’eau s’impose donc comme un espace où se dessine une nouvelle donne pour la paix et la prospérité sur le continent.
Pour le Gabon, cette implication dans le forum tchadien illustre une volonté de contribuer activement à cette transition. En modernisant ses infrastructures et en renforçant sa coopération avec les autres États africains, Libreville fait le pari d’un avenir où l’eau ne sera plus une source de conflits, mais un levier de développement partagé.
Le défi est immense, mais les dirigeants africains présents à N’Djamena ont montré une détermination sans faille. L’Afrique a les ressources, elle doit désormais en tirer parti pour garantir un accès universel à l’eau potable et assurer sa souveraineté hydrique.