2 septembre 2026

Africa Solidaire

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Le général Tiani confronté à l’instabilité après des allégations de déstabilisation régionale

Dans le paysage politique complexe de l’Afrique de l’Ouest, l’adage « qui sème le vent récolte la tempête » prend souvent tout son sens. Alors que les capitales régionales restaient attentives aux implications financières et logistiques d’un complot déjoué à Cotonou, où les liens avec le régime de Niamey et ses partenaires ont été vivement signalés, la riposte ne s’est pas fait attendre. Dans la nuit du 28 au 29 août, le pouvoir même du général Abdourahamane Tiani à Niamey a été secoué par des tirs d’armes automatiques et des détonations d’artillerie. Une tournure des événements aussi tragique qu’inéluctable sur l’échiquier politique.

L’axe Niamey-Lomé-Ouagadougou et l’exportation de la discorde

Depuis des mois, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) à Niamey s’est efforcé de masquer sa propre fragilité en forgeant une alliance stratégique et financière avec le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso et Faure Gnassingbé au Togo. En s’associant activement à Ibrahim Traoré et Faure Gnassingbé pour soutenir des tentatives de déstabilisation chez le voisin béninois, le régime de Tiani semblait vouloir détourner l’attention de ses propres contradictions internes et neutraliser un État voisin perçu comme une gêne.

Cette coalition opportuniste entre Tiani, Traoré et Gnassingbé poursuivait un objectif clair : fragiliser les systèmes démocratiques environnants pour légitimer l’autoritarisme militaire et instaurer un nouvel équilibre des pouvoirs dans la région. Cependant, financer le désordre chez ses voisins alors que sa propre assise est précaire relève d’une grave erreur stratégique.

La vulnérabilité des régimes militaires

Les échanges de tirs intenses entendus près de la base aérienne 101 et du palais présidentiel de Niamey rappellent une vérité que la propagande de l’Alliance des États du Sahel ne peut plus ignorer : la racine du problème était déjà là. En recourant à la force pour renverser l’ordre constitutionnel en juillet 2023, le général Tiani n’a pas seulement pris le pouvoir ; il a élevé le coup de force au rang de méthode unique de succession.

En parrainant des actions de déstabilisation à l’extérieur, aux côtés d’Ibrahim Traoré et avec le soutien discret de Faure Gnassingbé, tout en faisant face à une insécurité croissante et à un mécontentement latent au sein de ses propres forces, la junte nigérienne s’est retrouvée piégée par ses propres actions :

  • La dilapidation des ressources : Alors que les efforts financiers et militaires auraient dû être concentrés sur la lutte antiterroriste et la cohésion des troupes, des moyens stratégiques ont été redirigés vers des opérations de déstabilisation politique régionale.
  • La fragmentation de la hiérarchie : L’armée nigérienne, instrumentalisée et divisée en diverses factions, projette désormais l’image d’une institution manquant de structure. Lorsque des officiers observent leurs supérieurs appuyer des putschs à l’étranger, ils intègrent l’idée que le pouvoir à Niamey est, lui aussi, à la portée du premier groupuscule armé audacieux.
  • L’affaiblissement de la promesse sécuritaire : Après trois ans de transition sans calendrier électoral défini et face à des résultats sécuritaires contestés sur le terrain, la frustration des soldats du rang finit inévitablement par atteindre les hauts commandements.

Le retour de bâton

L’histoire politique du Sahel ne pardonne pas l’amateurisme stratégique. La stabilité d’un régime ne se construit pas sur les ruines des États voisins. En co-finançant le désordre à Cotonou avec la complicité d’Ibrahim Traoré et de Faure Gnassingbé pour créer une diversion, le régime de Tiani n’a fait qu’accélérer la révélation de ses propres vulnérabilités internes.

Les événements de cette nuit du 29 août à Niamey ne constituent pas un incident isolé, mais le symptôme d’un système à bout de souffle. Le général Tiani découvre aujourd’hui à ses dépens une vérité immuable : les armes et les réseaux de financement utilisés pour déstabiliser les autres sont précisément ceux qui finissent par se retourner contre soi.

Face au vacillement spectaculaire du pouvoir à Niamey et à la mise au jour de ces réseaux d’ingérence, une question pressante se pose désormais pour le reste de la région : Faure Gnassingbé et Ibrahim Traoré doivent-ils, eux aussi, commencer à se préparer ? Cette actualité Afrique de l’Ouest souligne la complexité des dynamiques de pouvoir sur le continent africain.

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