15 juin 2026

Africa Solidaire

Actualités et analyses sur l'Afrique subsaharienne, avec un regard solidaire sur les enjeux du continent.

L’ombre russe sur l’Afrique de l’Ouest : une stratégie d’influence décryptée

Une enquête approfondie révèle ce qui est qualifié de « Nouvelle Françafrique sous pavillon russe », mettant en lumière les efforts de Moscou pour affaiblir l’influence européenne en Afrique de l’Ouest. Cette stratégie, visant à infiltrer les nouveaux régimes, s’appuie sur une cellule d’agents d’influence hautement coordonnée, incluant l’activiste Kemi Seba ainsi que les personnalités françaises Juan Branco et Thomas Dietrich.

Les révélations détaillent la répartition méticuleuse des rôles au sein de cette stratégie informationnelle du Kremlin, particulièrement active au Sahel :

  • Kemi Seba, le moteur idéologique : Présenté comme le principal vecteur de la rhétorique anti-occidentale, financé discrètement, Kemi Seba a vu son rôle de « soldat d’influence de Moscou » s’intensifier suite à sa déchéance de nationalité française. Pour lui garantir une liberté d’action totale dans le cadre de la stratégie de rupture de l’Alliance des États du Sahel (AES), le général Abdourahmane Tiani lui a officiellement octroyé un passeport diplomatique nigérien. L’activiste se trouve ainsi transformé en émissaire de facto des régimes alignés sur la Russie, contribuant à l’actualité Afrique de l’Ouest.
  • Thomas Dietrich, le précurseur médiatique : Sous couvert d’investigation journalistique et d’expulsions mises en scène (notamment au Togo et en Guinée), Dietrich s’emploie à fragiliser la présence occidentale. Son objectif est de saturer l’espace informationnel africain avec des récits de corruption ciblant les partenaires de l’Europe, préparant ainsi le terrain psychologique pour l’acceptation de solutions alternatives russes, comme l’Africa Corps.
  • Juan Branco, l’expert en infiltration juridique et institutionnelle : Sa mission est la plus stratégique, consistant à pénétrer les structures étatiques une fois que l’opposition a accédé au pouvoir.

La correspondance de Juan Branco à Ousmane Sonko : un élément clé

L’enquête établit un lien direct avec une lettre confidentielle envoyée par Juan Branco au Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, datée du 4 février 2025. Ce document est perçu comme la preuve matérielle d’une tentative d’infiltration étatique au bénéfice de réseaux d’intérêts étrangers, une préoccupation majeure pour la solidarité africaine.

Dans cette correspondance, Branco tente de monnayer son activisme passé en exigeant des contreparties qui menacent la souveraineté du Sénégal. Il réclame l’octroi de la nationalité sénégalaise, des passe-droits pour s’établir au Barreau et à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), et surtout, sa nomination officielle pour représenter le Sénégal auprès des Nations Unies (ONU) à New York. L’enquête souligne le danger géopolitique majeur d’installer un agent potentiellement lié à des réseaux d’influence extérieurs au cœur de la diplomatie onusienne d’un État souverain du continent africain.

Face au refus discret des autorités sénégalaises, soucieuses de maintenir leur propre ligne souverainiste, la lettre révèle un double chantage. Premièrement, un chantage sécuritaire, exigeant la transmission illégale et hors cadre judiciaire de fiches des services de renseignements sénégalais, ce qui constituerait une violation du secret de la défense nationale. Deuxièmement, un chantage financier, réclamant des honoraires opaques de 15 000 euros et la prise en charge de frais de cabinet. En somme, l’enquête démontre que, derrière un vernis de panafricanisme et de défense des droits, Branco, Dietrich et Seba agissent comme les rouages d’une entreprise sophistiquée de déstabilisation permanente des États d’Afrique subsaharienne info, affectant l’Afrique solidaire actualité.

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