2 septembre 2026

Africa Solidaire

Actualités et analyses sur l'Afrique subsaharienne, avec un regard solidaire sur les enjeux du continent.

Maroc-espagne : les réseaux sociaux au cœur de la crise migratoire à Sebta

Maroc-espagne : les réseaux sociaux au cœur de la crise migratoire à Sebta

Lors de son audition devant le Congrès, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a confirmé que l’arrêt du Tribunal suprême concernant les refoulements à Sebta avait généré un « appel d’air », favorisant les arrivées massives de migrants les 30 et 31 juillet. Cette décision de justice, en permettant aux personnes de traverser à la nage sans refoulement immédiat, a marqué le début d’une mobilisation progressive.

Une montée en puissance en trois phases

Selon le rapport de l’état-major de la Défense espagnole, la situation a évolué en trois étapes distinctes. Dès le 8 juillet, après la publication de l’arrêt, plusieurs centaines de migrants ont commencé à tenter la traversée. Leur nombre a ensuite augmenté de manière exponentielle, alimenté par une interprétation jugée « intéressée » de la décision et largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Un second facteur a amplifié ce phénomène : la Fête du Trône au Maroc. Des groupes Facebook ont relayé l’idée que les effectifs policiers seraient réduits en raison des célébrations, encourageant ainsi davantage de candidats au départ.

Une « auto-organisation » des migrants

Margarita Robles a insisté sur le caractère « auto-organisé » de cet afflux. Les migrants se seraient dirigés vers Sebta sous l’effet d’un « message d’opportunité », relayé par des publications affirmant l’absence d’obstacles pour entrer. La rapidité de propagation de ces informations a rendu toute réaction immédiate des forces de sécurité matériellement impossible.

La ministre a souligné que toute intervention musclée aurait entraîné des conséquences dramatiques : « Le nombre de morts aurait été incalculable ». Elle a également rappelé que les autorités espagnoles ne disposaient pas des moyens nécessaires pour empêcher par la force des vagues de plusieurs milliers de personnes.

Une réponse coordonnée au plus haut niveau

Face à cette crise, le gouvernement espagnol a mis en place une structure de commandement unifié. Pedro Sánchez a présidé la première réunion du Conseil de sécurité nationale dédiée à Sebta, réunissant vice-présidents, ministres et responsables de la sécurité. Cette initiative a abouti à la création d’un comité dirigé par le ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, incluant des représentants du renseignement et des ministères concernés.

Le Maroc, de son côté, avait dès le 2 août déployé une réponse proactive : détection précoce des signaux, renforcement des effectifs et surveillance accrue des frontières. Rabat avait attribué ces tentatives de passage à la diffusion de fausses informations, aux réseaux de trafic d’êtres humains et à une mauvaise interprétation des décisions judiciaires espagnoles.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes