3 juin 2026

Africa Solidaire

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Ousmane Sonko dévoile les détails de sa révocation de la Primature

L’ancien Premier ministre et figure majeure du parti Pastef, Ousmane Sonko, a partagé pour la première fois les circonstances précises de son éviction du gouvernement sénégalais. Lors d’une prise de parole publique, il a exposé sa propre version des événements ayant mené à sa séparation avec le président Bassirou Diomaye Faye.

Une décision annoncée après un entretien tendu

Tout s’est joué un vendredi 25 mai, à l’issue d’une séance à l’Assemblée nationale. Selon Ousmane Sonko, le chef de l’État l’a convoqué dans son bureau pour un échange qui s’est révélé décisif. « Le président m’a confié qu’il était très difficile de poursuivre notre collaboration, estimant que mes prises de parole à l’hémicycle avaient engendré des tensions majeures », a-t-il relaté. Une formulation qui, selon lui, marquait le début de la fin de son mandat.

Des tensions préexistantes et des propositions ignorées

L’ex-chef du gouvernement a révélé avoir abordé à plusieurs reprises, en présence de témoins, la possibilité de quitter l’Exécutif avec Bassirou Diomaye Faye. « Après les élections législatives, je l’ai rencontré à trois reprises. Je lui ai toujours dit que, si ma présence gênait son action, je pouvais retourner siéger à l’Assemblée pour que notre partenariat continue sur de bonnes bases. Mais il a systématiquement refusé », a-t-il expliqué.

Ousmane Sonko a également évoqué des signes avant-coureurs d’une crise institutionnelle. « Il y avait des indices montrant que des difficultés se préparaient. Je l’ai alerté, mais à la Primature, j’étais sous sa dépendance directe », a-t-il souligné. Lors de leur dernier entretien, le président aurait souhaité qu’il assume publiquement la rupture en déclarant que leur séparation s’était faite dans l’harmonie. Une demande que le leader de Pastef a catégoriquement rejetée.

Deux options proposées, une décision unilatérale

Face à l’impasse, Ousmane Sonko affirme avoir offert deux alternatives au président : soit son retour à l’Assemblée nationale pour permettre à la majorité de nommer un nouveau Premier ministre, soit la recherche d’un compromis. À défaut, il estimait que le chef de l’État devait assumer la responsabilité de le démettre officiellement.

Selon son récit, Bassirou Diomaye Faye lui avait indiqué qu’il reprendrait les discussions après une visite pastorale à Dakar. « Il m’a promis de me recontacter à son retour pour continuer nos échanges. Pourtant, à 20h35, j’ai reçu un message m’informant de la mesure qui me concernait. J’ai accepté cette décision sans protester », a-t-il confié.

Quelques minutes plus tard, l’annonce officielle de sa révocation était diffusée par le Secrétaire général de la Présidence. « Dès que j’ai vu la déclaration, j’ai commencé à préparer mes affaires pour regagner la Cité Keur Gorgui, un lieu qui m’a tant manqué », a-t-il conclu avec une pointe de nostalgie.

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