Rdc : l’afc/m23 dénonce le sabotage des pourparlers de paix par Kinshasa et critique le silence des médiateurs
Jeudi 18 juin, Corneille Nangaa, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, a sévèrement critiqué le discours du président Félix Tshisekedi, prononcé à Houston après le match RDC-Portugal lors de la Coupe du monde. Il a qualifié les propos du chef de l’État de « irresponsables » et de « va-t-en-guerre », soulignant que Tshisekedi promettait une reconquête imminente des zones tenues par la rébellion.
Lors d’une déclaration faite ce même jeudi à Goma, dans le Nord-Kivu, Nangaa a réaffirmé la détermination de son mouvement à se défendre face aux menaces de Kinshasa. Il s’est dit perplexe devant l’attitude de la communauté internationale, qu’il juge complice. Selon lui, les forces gouvernementales mènent des attaques intensives en violation des engagements pris, alors que les efforts diplomatiques visent une désescalade.
« Face à cette situation dramatique et au regard des calamités qui s’ensuivent, nous avons la responsabilité, devant Dieu, l’Histoire et la Nation, de constater ce silence assourdissant de la médiation et des partenaires au processus de paix, qui frise la complicité. Surtout que la communauté internationale dispose d’informations détaillées sur la réalité du terrain, les bilans massifs des victimes civiles et les auteurs de ces crimes », a fustigé Corneille Nangaa.
Il a ajouté :
« Les médiateurs des pourparlers de paix de Doha, les missions diplomatiques, les agences internationales et les organisations de défense des droits humains sont informés de la détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région en général, et particulièrement dans les Hauts-Plateaux de Minembwe. Cette absence d’action renforce le sentiment d’impunité et encourage la poursuite des violences. »
Nangaa a également dénoncé une tendance à minimiser la crise sécuritaire dans l’est de la RDC. Il accuse Félix Tshisekedi de compromettre les efforts de paix sous le regard passif des partenaires internationaux.
« Nous refusons que les souffrances des populations de l’Est du Congo soient traitées comme une tragédie périphérique qui se déroule, comme ils le disent le plus souvent, à plus de 2 000 kilomètres de Kinshasa. Chaque vie humaine mérite la même protection et la même considération. Nous attirons l’attention de tous sur les nombreux obstacles, les duperies, les manipulations, les jongleries et les intrigues dans le chef de Monsieur Félix Tshisekedi et de ses partenaires internationaux, qui ne cessent de compromettre gravement les efforts de paix en République démocratique du Congo », a-t-il déploré.
Il a poursuivi :
« Le renforcement des dispositifs militaires et le déploiement continu de nouvelles forces sur le terrain sont antithétiques avec un processus de désescalade sincère. De nombreux engagements pris dans le cadre du processus de paix demeurent lettre morte. Alors que plusieurs centaines de prisonniers de guerre ont été libérés par l’AFC/M23 comme mesure de confiance, les engagements réciproques attendus de la part du régime de Kinshasa n’ont connu aucune mise en œuvre. »
Cette escalade verbale intervient alors que les accords de Washington et le processus de Doha peinent à instaurer un cessez-le-feu durable. Les hostilités se poursuivent entre la rébellion et l’armée régulière dans l’est du pays.
Sur le terrain, les appels nationaux, régionaux et internationaux au respect des engagements n’ont pas eu d’effet notable. Le fossé entre les réalités locales et les avancées diplomatiques reste profond, chaque partie interprétant les accords à sa convenance.