3 juin 2026

Africa Solidaire

Actualités et analyses sur l'Afrique subsaharienne, avec un regard solidaire sur les enjeux du continent.

République démocratique du Congo : escalade de la violence et crise des droits humains

République démocratique du Congo
Rapports

République démocratique du Congo : escalade de la violence et crise des droits humains dans un contexte de conflit armé

© Aboodi vesakaran/Unsplash
Partager

L’intensification des combats à l’est de la république démocratique du Congo a aggravé une crise humanitaire déjà critique dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, placées sous état de siège depuis mai 2021. Malgré les engagements pris, notamment l’accord de Washington signé le 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda, ratifié par les chefs d’État des deux pays le 4 novembre 2025, ainsi que l’accord de Doha du 15 novembre 2025 entre la RDC et l’AFC/M23, censés mettre fin aux exactions dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la violence persiste. Depuis lors, les affrontements se sont étendus à la province d’Uvira, révélant la fragilité des trêves.
Selon des données compilées par plusieurs organisations, les combats ont causé plus de 10 000 morts en moins d’un an, entraîné le déplacement de millions de personnes et plongé la région dans une crise humanitaire sans précédent. Dans ce contexte, les forces de sécurité congolaises et divers groupes armés, dont le M23/AFC soutenu par le Rwanda, sont régulièrement accusés de violations graves des droits humains, incluant des actes assimilables à de la torture ou des traitements inhumains, au sens de l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

L’aggravation de l’insécurité a également restreint drastiquement l’espace civique : interdiction des rassemblements publics, restrictions de la presse et entraves au travail des organisations de la société civile. De nombreux défenseurs des droits humains, journalistes, opposants politiques et acteurs associatifs ont été contraints à l’exil, victimes de menaces, d’arrestations arbitraires, de tortures ou d’intimidations. Cette situation a considérablement affaibli les mécanismes nationaux de protection et de recours pour les victimes.

Ce rapport conjoint est soumis par l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), en collaboration avec les membres du réseau SOS-Torture en RDC — l’Alliance pour l’universalité des droits fondamentaux (AUDF), Afia Mama, SOS Informations juridiques multidimensionnelles (SOS IJM) et Voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV) — dans le cadre de la préparation de la Liste de points à traiter avant la soumission du prochain rapport périodique de la république démocratique du Congo au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Mots-clés

Exécutions sommaires
Exécutions extrajudiciaires
Disparitions forcées
Menaces et intimidations
Harcèlement de défenseurs des droits humains
Acteurs non étatiques
Forces de l’ordre et paramilitaires
Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes