Tchad : le CPDP dévoile sa stratégie pour apaiser le climat politique
Par Temandang Gontran
Cinq mois après son installation officielle, le Cadre Permanent de Dialogue Politique (CPDP) a levé le voile sur sa feuille de route. Ce samedi 13 juin 2026, son président, Pahimi Padacké Albert, a présenté lors d’un point de presse les grandes lignes de ce plan d’action. L’objectif est clair : restaurer la confiance et assainir durablement le paysage démocratique tchadien.
Un cadre pour bâtir la confiance
M. Padacké Albert a rappelé le contexte de la création du CPDP, né du Protocole d’Accord politique du 13 mai 2025. Cet organe regroupe l’ensemble des partis politiques légalement constitués au Tchad. Avec une coordination paritaire de trente membres — quinze issus de la majorité présidentielle et quinze de l’opposition démocratique — le CPDP entend se positionner comme le moteur d’un apaisement politique indispensable.
« Sans un climat politique serein et apaisé, sans une réforme consensuelle du système électoral, et sans une démarche inclusive […], aucun dialogue politique ne peut restaurer durablement la confiance », a martelé le président du CPDP.
Trois axes stratégiques pour une réforme en profondeur
La feuille de route, conçue comme un guide opérationnel, s’articule autour de trois objectifs :
- Réforme du système électoral : C’est le chantier prioritaire. Il s’agit de refondre les organes chargés des élections, de réviser le code électoral, de revoir la répartition des sièges à l’Assemblée nationale, le mode de désignation des sénateurs, ainsi que le découpage territorial et le statut de l’opposition. L’enjeu est de mettre les règles électorales en conformité avec les standards internationaux de transparence.
- Mesures d’accompagnement : Cet axe vise à sécuriser le processus électoral par la mise en place d’un fichier électoral fiable et l’instauration d’un financement équitable des partis politiques.
- Actions transversales : Le CPDP mise sur la continuité et l’inclusivité, en mobilisant les institutions de l’État et les partenaires techniques et financiers, tout en maintenant un dialogue permanent avec les partis politiques n’ayant pas signé le protocole initial.
Un appel à l’appropriation citoyenne
Pour concrétiser ces ambitions, le sénateur Padacké Albert a insisté sur la nécessité d’une « volonté politique forte » à tous les niveaux. Il a également lancé un appel pressant aux médias, les invitant à relayer largement cette feuille de route afin que chaque citoyen tchadien puisse s’approprier les missions et les actions de cet organe.
Le CPDP entend désormais décliner ces objectifs en un plan d’action détaillé, assorti de modalités précises et d’un calendrier de mise en œuvre. Reste à savoir si cette volonté de dialogue, prônée par la coordination, parviendra à dissiper les tensions récurrentes et à installer, de manière pérenne, la sérénité au sein de la classe politique tchadienne.