2 septembre 2026

Africa Solidaire

Actualités et analyses sur l'Afrique subsaharienne, avec un regard solidaire sur les enjeux du continent.

Crise politique au Sénégal : le ministre Abdourahmane Diouf pointe un double discours sur les crédits spéciaux

Face aux déclarations fracassantes du Dr Abdourahmane Diouf, la polémique enfle entre le ministre du Pétrole et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Selon lui, les propos tenus par Sonko lors de sa récente tournée dans les cités religieuses tranchent radicalement avec le contenu de la proposition de loi déposée au Parlement. « Les citoyens et les guides religieux n’entendent pas la même chose que ce qui est écrit dans ce texte », déclare-t-il avec fermeté.

crise politique au Sénégal : le ministre Abdourahmane Diouf pointe un double discours sur les crédits spéciaux

Un texte parlementaire jugé « anti-social et anti-religieux »

Le Dr Abdourahmane Diouf, également superviseur général adjoint de la coalition KIIRAAY / Les Patriotes Républicains, dénonce avec virulence la proposition de loi sur les crédits spéciaux, actuellement examinée à l’Assemblée nationale. Selon lui, les articles 2 et 5 de ce texte restreignent drastiquement l’utilisation de ces fonds, limitant leur attribution à la « défense, la sécurité et le renseignement » uniquement. Pire encore, l’article 5 exclut formellement toute dépense à vocation sociale, une mesure qu’il qualifie de « menace directe contre les valeurs de solidarité et d’entraide ».

Le ministre souligne que cette orientation prive les couches les plus vulnérables de tout soutien financier, notamment les foyers religieux, qui jouent un rôle clé dans la cohésion sociale. « Comment justifier que l’on ferme la porte à l’aide aux plus démunis au nom d’une prétendue rigueur budgétaire ? », s’interroge-t-il, avant d’ajouter que ces choix reflètent une « vision étroite et déshumanisée de la République ».

L’Exécutif défend une approche plus inclusive

À l’opposé, le gouvernement met en avant les amendements proposés par l’Exécutif, qui réintroduisent des mesures en faveur de la préservation de l’ordre social et des valeurs humanitaires. Pour Abdourahmane Diouf, ces modifications marquent un retour aux fondamentaux de la solidarité nationale. « Là où le Parlement exclut, l’Exécutif inclut », résume-t-il avec satisfaction.

Il rappelle également que ces crédits spéciaux ont historiquement servi à financer des projets sociaux et religieux, une pratique que la proposition parlementaire actuelle menace de rendre obsolète. Le ministre n’hésite pas à interpeller Ousmane Sonko sur son propre bilan : « Vous avez dirigé la Primature sans aucune restriction, et aujourd’hui, vous proposez un texte qui prive les Sénégalais les plus modestes de tout espoir ».

Une polémique qui dépasse les clivages politiques

Cette controverse survient alors que les tensions entre le gouvernement et l’opposition s’intensifient autour de la gestion des finances publiques. Abdourahmane Diouf, figure montante de la majorité présidentielle, n’hésite pas à qualifier la proposition de Sonko de « manœuvre électoraliste », visant à saper les efforts de l’Exécutif en matière de justice sociale.

« La République ne se construit pas en tournant le dos à ceux qui en ont le plus besoin », martèle-t-il, appelant à un débat apaisé mais sans concession sur l’avenir des politiques publiques au Sénégal.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes