Projet santé Mali : la Banque mondiale investit 100 millions pour renforcer l’accès aux soins
renforcer l’accès aux soins essentiels pour tous au Mali : un projet historique de 100 millions de dollars
Un financement majeur de 100 millions de dollars a été validé par la Banque mondiale pour soutenir le Mali dans l’amélioration de la qualité et de l’accessibilité des services de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, adolescente et nutritionnelle, ainsi que dans la préparation aux urgences sanitaires. Ce projet, baptisé Keneya Yiriwali (traduction bambara pour « santé pour tous »), s’appuie sur une approche innovante de Financement basé sur les résultats (FBR) pour transformer durablement le système de santé malien.
amélioration des services de santé : une approche ciblée et performante
Le projet Keneya Yiriwali vise à élargir la couverture des services de santé essentiels en renforçant la base de la pyramide sanitaire. Grâce à des financements conditionnels aux performances, il soutient les établissements de santé dans les régions vulnérables, les écoles et les zones exposées aux risques climatiques. L’objectif est double :
- Optimiser la disponibilité des services de santé reproductive, maternelle et infantile, ainsi que des soins nutritionnels ;
- Renforcer la résilience des infrastructures face aux urgences sanitaires, aux pandémies et aux aléas climatiques.
Ce financement inclut également l’achat d’intrants essentiels et la mise en place de systèmes de paiement incitatifs pour les prestataires, garantissant ainsi une amélioration tangible de la qualité des soins. Les régions prioritaires s’étendent désormais au-delà des zones initialement couvertes par le précédent projet, incluant des villes comme Tombouctou, Bougouni, Koutiala, Sikasso et la Commune VI de Bamako, où les besoins sanitaires sont les plus critiques.
un partenariat pour des soins inclusifs et résilients
Ce projet ambitieux s’inscrit dans la continuité du Programme d’Accélération des Progrès vers la Couverture Sanitaire Universelle (PACSU), qui a déjà démontré son efficacité entre 2020 et 2024. Grâce à une collaboration renforcée entre la Banque mondiale, la Facilité de financement mondiale (GFF) et le gouvernement des Pays-Bas, un financement complémentaire de 25 millions de dollars a été mobilisé, dont 15 millions de dollars proviennent des Pays-Bas. Ce montant porte l’enveloppe totale à 125 millions de dollars.
Clara de Sousa, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, souligne l’impact transformateur de cette approche : « L’intégration des risques climatiques et énergétiques dans le Financement basé sur les résultats est un levier clé pour garantir des soins de qualité aux populations. Ce projet s’appuie sur les succès du PACSU, qui a significativement amélioré l’utilisation des services de santé, la satisfaction des patients et la disponibilité des médicaments dans neuf régions du Mali. »
Luc Laviolette, chef du secrétariat de la GFF, ajoute : « Ce partenariat renforce l’alignement stratégique pour répondre aux besoins des femmes, enfants et adolescents, notamment dans les communautés les plus vulnérables. Investir dans un système de santé inclusif et résilient est essentiel pour garantir l’accès aux soins dans les zones les plus difficiles d’accès. »
impact et couverture : toucher les populations les plus vulnérables
Le projet Keneya Yiriwali bénéficiera directement à 15,4 millions d’habitants, dont 3 millions d’enfants de moins de 5 ans et 3,4 millions de femmes âgées de 15 à 49 ans. En ciblant des zones où les taux de pauvreté sont élevés, le projet ambitionne de réduire les inégalités d’accès aux soins et d’améliorer la santé globale des populations, en mettant un accent particulier sur :
- La santé des adolescents ;
- La gestion des urgences climatiques ;
- La préparation et la réponse aux pandémies.
En renforçant la gestion des ressources budgétaires et en optimisant les dépenses de santé, le projet vise également à améliorer l’efficacité du système, en évitant la fragmentation des financements et en garantissant une meilleure traçabilité des performances.
l’IDA : un acteur clé pour les pays en développement
L’Association internationale de développement (IDA), bras humanitaire de la Banque mondiale, joue un rôle central dans ce projet. Depuis 1960, elle soutient les pays les plus pauvres à travers des dons et des prêts à taux préférentiels, favorisant la croissance économique, la réduction de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie. Avec un portefeuille annuel moyen de 21 milliards de dollars, dont 61 % en Afrique, l’IDA a déjà transformé la vie de 1,6 milliard de personnes dans 113 pays.