12 août 2026

Africa Solidaire

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Rdc : le cnsA ouvre la voie à un dialogue par la libération des prisonniers politiques ?

À Kinshasa, une avancée majeure se dessine alors que le Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA) entame le recensement des prisonniers politiques et d’opinion en République démocratique du Congo. Cette démarche, perçue comme un geste fort avant le lancement d’un dialogue national inclusif, pourrait redonner espoir à des figures emblématiques du paysage politique congolais.

Le CNSA, dirigé par Joseph Olenghankoy, insiste sur le caractère universel du droit : « Le droit n’a pas de couleur. Quand on a droit, on a droit », déclare-t-il. L’instance s’engage à évaluer chaque dossier avec rigueur pour identifier les détenus éligibles à une amnistie ou à une libération anticipée. L’objectif ? Créer un climat de confiance propice à la tenue d’un dialogue constructif entre les différentes forces vives de la nation.

RDC | Kinshasa 2026 – Joseph Olenghankoy, président du CNSA

Une liste pour le président Tshisekedi

Les travaux du CNSA, qui s’étalent sur plusieurs semaines, doivent aboutir à une liste exhaustive des prisonniers politiques et d’opinion. Celle-ci sera remise au président Félix Tshisekedi, qui disposera ainsi des éléments nécessaires pour prendre des décisions avant le début des négociations. Parmi les noms évoqués, Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, respectivement vice-président et secrétaire permanent du PPRD de l’ancien président Joseph Kabila, pourraient figurer sur ce document historique.

L’initiative est saluée par le PPRD, qui y voit une opportunité de libérer ses cadres détenus. « Si cette démarche permet d’obtenir la libération de nos camarades comme Aubin Minaku ou Emmanuel Ramazani Shadary, nous ne pouvons que l’accueillir avec satisfaction », confie Lucain Kasongo, cadre du parti. Dans la même veine, Justicia ASBL, une organisation de défense des droits humains, a récemment transmis au ministre de la Justice une liste de près d’une centaine de prisonniers politiques et d’opinion.

Des condamnations à mort à réexaminer

Le CNSA ne se limite pas aux détenus en attente de jugement. Il examine également les cas des personnalités condamnées à mort, comme l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, coordonnateur de la rébellion de l’AFC/M23. Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL, estime que l’annulation de ces condamnations serait un pas décisif vers la restauration de la confiance politique. « Une mesure politique s’impose pour lever ces condamnations et ainsi favoriser un environnement propice au dialogue », explique-t-il.

Alors que les appels à un dialogue inclusif se multiplient en RDC, l’action du CNSA pourrait bien être le prélude tant attendu à une réconciliation nationale. Reste à savoir si ces efforts concrets aboutiront à des avancées tangibles avant l’ouverture des négociations.

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