2 septembre 2026

Africa Solidaire

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Tragédie minière au Cameroun : les failles d’un secteur aurifère sous haute tension

Des travailleurs manuels extraient de l'or dans une mine artisanale de Bétaré-Oya, région de l'Est du Cameroun.

Une catastrophe révélatrice des dysfonctionnements du secteur aurifère camerounais

L’effondrement d’une mine artisanale à Zamboï, en Centrafrique, a mis en lumière les risques majeurs liés à l’exploitation minière informelle. Bien que la tragédie se soit produite hors des frontières du Cameroun, elle soulève des questions cruciales sur les pratiques en vigueur dans le pays voisin, où l’orpaillage illégal et les conditions de travail précaires persistent malgré les régulations.

Les images des orpailleurs creusant sans équipement adapté dans des galeries instables ont choqué l’opinion publique. Ces scènes, bien que typiques des sites miniers artisanaux du Cameroun, rappellent l’urgence d’encadrer un secteur où la sécurité des travailleurs est souvent négligée au profit de la rentabilité immédiate.

Des pratiques dangereuses qui persistent malgré les alertes

Dans l’Est du Cameroun, notamment autour de Bétaré-Oya, l’exploitation artisanale de l’or reste une activité lucrative mais extrêmement risquée. Les mineurs, souvent issus de milieux défavorisés, s’aventurent dans des tunnels non sécurisés, exposés aux éboulements et aux intoxications. Les rapports signalent régulièrement des accidents mortels, mais les mesures correctives se font attendre.

Les autorités camerounaises ont multiplié les discours sur la formalisation du secteur, mais les réalités sur le terrain montrent des avancées limitées. Les coopératives minérales, censées encadrer les activités, peinent à imposer des normes strictes. Résultat : des milliers de personnes continuent de travailler dans des conditions illégales, sans protection sociale ni accès aux soins.

Un enjeu économique et environnemental sous-estimé

Le secteur de l’or au Cameroun représente une part importante des exportations, mais son développement anarchique menace aussi l’environnement. L’usage du mercure pour extraire l’or contamine les sols et les cours d’eau, posant un problème de santé publique à long terme. Pourtant, les contrôles environnementaux restent rares et peu contraignants.

Face à cette situation, les acteurs locaux et internationaux appellent à une réforme en profondeur. L’harmonisation des lois, l’accompagnement des mineurs vers des pratiques légales et la sensibilisation aux dangers sont devenus des priorités. Sans une action décisive, les catastrophes comme celle de Zamboï risquent de se reproduire ailleurs.

Les pistes pour une exploitation minière plus sûre et responsable

Plusieurs solutions pourraient transformer le secteur aurifère camerounais. D’abord, renforcer les inspections dans les zones minières pour identifier et fermer les sites dangereux. Ensuite, offrir des alternatives économiques aux mineurs artisanaux, afin de les détourner des pratiques illégales.

Enfin, investir dans des technologies moins polluantes et former les travailleurs aux bonnes pratiques pourraient réduire les risques sanitaires et environnementaux. Ces mesures, si elles sont appliquées avec rigueur, pourraient faire du Cameroun un modèle de gestion minière responsable en Afrique centrale.

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