2 septembre 2026

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Retour du président Paul Biya au Cameroun après deux mois d’absence

©KIRILL KUKHMAR / TASS HOST PHOTO AGENCY/ HANDOUT/EPA/MAXPPP - epa10774383 A handout photo made available by TASS Host Photo Agency shows Cameroonian President Paul Biya meeting with Russia's President Vladimir Putin, during the Second Summit 'Russia-Africa' Economic and Humanitarian Forum in St.Petersburg, Russia, 28 July 2023. The Second Summit Economic and Humanitarian Forum 'Russia-Africa' takes place from 27 to 28 July at the Expoforum congress-exhibition center in St.Petersburg. EPA-EFE/KIRILL KUKHMAR / TASS HOST PHOTO AGENCY/ HANDOUT --MANDATORY CREDIT-- HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES (MaxPPP TagID: maxnewsfrfive208493.jpg) [Photo via MaxPPP]

Retour du président Paul Biya au Cameroun après deux mois d’absence

Paul Biya, président du Cameroun depuis 1982, a fait son retour à Yaoundé ce jeudi 20 août, mettant fin à une absence de plus de deux mois qui a alimenté les spéculations sur sa capacité à assurer la gestion du pays.

Âgé de 93 ans, le chef de l’État a quitté la capitale camerounaise le 7 juin pour un « séjour privé en Europe », officiellement à Genève en Suisse, en compagnie de sa famille et de ses proches collaborateurs. Son retour a été marqué par un accueil festif à l’aéroport, où des sympathisants du parti présidentiel, certains portant des pagnes à son effigie, l’attendaient pour le saluer.

Accompagné de son épouse Chantal Biya, Paul Biya a regagné le palais d’Etoudi après avoir salué la foule d’un geste de la main, à travers la vitre entrouverte de son véhicule. Cette longue absence a relancé les débats sur la santé du dirigeant, dont les séjours fréquents à Genève alimentent régulièrement les rumeurs.

Absence prolongée et controverses sur la gouvernance

Quatre jours après son départ, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, avait démenti les informations évoquant une hospitalisation du président dans une clinique genevoise. Pourtant, cette absence de 73 jours a nourri les critiques de l’opposition, qui dénonce un « vide institutionnel » et un pays en « pilotage automatique ».

Les attentes sont fortes concernant la nomination d’un nouveau gouvernement et d’un vice-président, des mesures attendues depuis plusieurs mois sans qu’aucune annonce concrète ne soit intervenue. Cette situation a également accéléré les spéculations sur l’après-Biya, alors que le pays attend toujours une clarification sur la transition possible en cas de vacance du pouvoir.

Réactions contrastées face au retour du président

Parmi les Camerounais présents à l’aéroport pour saluer le président, certains ont défendu son action. Gilles Owono, un enseignant de 30 ans, a affirmé : « Pour une démocratie comme la nôtre, l’absence prolongée d’un président peut susciter des interrogations, mais cela n’a pas perturbé le fonctionnement du pays, qui a continué à tourner. »

James Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur et cadre du parti présidentiel, a quant à lui balayé les accusations de vacance du pouvoir en septembre. Il a déclaré que, « où qu’il se trouve, le chef de l’État suit méticuleusement les dossiers que lui soumettent ses collaborateurs ».

Cependant, d’autres voix expriment une frustration croissante. Prosper Nkou Mvondo, leader du parti d’opposition Univers, a critiqué ce retour en ces termes : « Cela ne change rien qu’il soit là ou pas. Quand il est présent, il n’agit pas. Pourquoi participer à ce spectacle ? »

Un contexte politique déjà tendu

Cette absence intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques. La réélection de Paul Biya pour un huitième mandat en octobre 2025 avait été suivie de manifestations réprimées dans le sang, avec « plusieurs dizaines de morts » selon les autorités, sans que le bilan exact ne soit communiqué. Les résultats électoraux, contestés par l’opposition, avaient également suscité des réserves parmi les partenaires internationaux.

Alors que le Cameroun attend toujours la nomination d’un vice-président, le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, resterait l’intérimaire désigné en cas de vacance du pouvoir, le temps d’organiser une élection présidentielle. Une succession qui, pour l’instant, reste entourée de nombreuses incertitudes.

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